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Mix It, matinée

J’ai eu l’occasion de participer au Mix-It : dans les faits une toute jeune conférence, vu que ce n’était que la seconde édition, et en pratique déjà un incontournable régional pour qui s’intéresse notamment à Java et à l’agilité.
C’est aussi le plaisir de voir quelques stars, et aussi de croiser des collègues et des amis, le tout avec une super organisation.
Mais venons en au vif du sujet…

Première Keynote

Martin Gömer (Google France)

Nous avons eu droit à une présentation en bonne et due forme de la version Bêta du navigateur Chrome sous Android.
Je l’avais déjà installée et testée, et connaissais personnellement la plupart de ses nouvelles fonctionnalités. On peut notamment citer :
– un score honorable sur le respect des standards, “meilleure que celle de Safari”. En même temps sur ce point il était temps, vu la qualité du navigateur officiel d’Android, d’ailleurs critiquée à demi mots par le speaker…
– le remote debugging, permettant en reliant son smartphone et le PC de débugger du code exécuté sur le téléphone. Pour les développeurs, un outil incontestablement intéressant.

Au final, une présentation pas inintéressante en soi mais j’avais lu les même informations à la sortie de Chrome sur Internet. Et surtout, une présentation bien trop commerciale à mon goût. Ceci sans compter le coup de pub “Google recrute sur Paris”.

Seconde Keynote

Claire Bondel
“ Bonjour, je suis l’extraterrestre de la journée ”

Cette deuxième keynote tranchait complètement avec la précédente. Ici, pas de technique, elle s’est d’ailleurs présentée comme “l’extraterrestre de la journée, ne connaissant rien à l’informatique”.
Du coup qu’a-t-elle présenté ? Ingénieur qualité, elle a commencé par nous parler de la difficulté que peuvent avoir les gens à accepter les contrôles de la qualité de leur travail. Pour nous les geeks, en gros du code review. Selon elle, ceci vient du système éducatif français, qui contrairement à d’autres, a tendance à stigmatiser énormément l’échec.
En prenant appui sur son expérience personnelle et surtout celle de ses enfants, elle a présenté les conséquences sur les individus de cette éducation, l’opposant avec d’autres modes de pensée notamment anglo-saxonnes. Loin du mode de pensée français, elle milite donc pour une dédramatisation des enjeux des erreurs, une acceptation de l’échec, et surtout un apprentissage permanent par l’échec.

Claire a su captiver son auditoire et a je pense touché beaucoup de gens avec son discours, malgré un sujet plutôt classique. C’est loin d’être la première fois que j’entends un discours promouvant l’échec, mais il est vrai que c’est bien plus rare en France.
Ma seule petite critique sur le fond est sans doute qu’il est difficile de s’abstraire du mode de pensée du pays dans lequel on vit, tout simplement car il est majoritaire. Qu’importe si, parent, on accepte l’erreur de son enfant si ses camarades et professeurs ne le font pas ? Qu’importe si, employé, on dédramatise certains échecs si nos supérieurs ou futurs employeurs potentiels nous le reprochent? C’est je pense la limite à son discours, mais qui n’en reste pas moins, je trouve, assez juste sur le fond. On peut en effet apprendre de tout, et surtout de ses erreurs.

Utilisateur, mon amour, ma migraine

Sophie Freiermuth – @wickedgeekie
“ Tout est hypothèse, à valider ou à infirmer ”
“ Personne de l’équipe n’est l’utilisateur ”
“ Tout doit toujours être amélioré, même ce qui marche déjà ”
“ Ce n’est pas un échec, c’est un apprentissage ”

Dans ce genre de journée, comme tout le monde je pense, le problème n’a pas été de trouver une présentation qui plaise, mais bel et bien de faire un choix…
Ayant un profil clairement technique, j’ai néanmoins décidé de sortir un peu de mes sujets habituels et d’essayer d’éviter de faire une journée full technique. Militant régulièrement dans ma vie professionnelle pour une meilleure prise en compte de l’expérience utilisateur, je me suis finalement décidé pour cette session.
Et bien m’en a pris ! Sophie est clairement passionnée par son sujet, sur lequel elle travaille depuis des années en Angleterre. Sa présentation ne suivait pas un plan forcément très précis, mais son dynamisme et son énergie la rendait très agréable à suivre.

En pratique, Sophie voulait nous convaincre que pour un produit, il était vital de confronter ses fonctionnalités et son design avec un ensemble d’utilisateurs. Le but est d’avoir ces feedbacks le plus rapidement possible, pour éviter de développer des fonctionnalités ou un design qui ne correspondent pas au besoin, engendrant des frustrations pour les utilisateurs et une perte de temps et d’argent pour l’entreprise.
Pour un lancement de produit, il est naturellement impossible d’avoir un feedback immédiat : il est donc nécessaire de hiérarchiser les hypothèses, en distinguant “l’essentiel” de “l’agréable”. Il est également important d’implémenter des compteurs et des métriques permettant de comprendre comment est utilisé le produit. Les implémenter, et surtout, surtout, les évaluer.

Dès que les fonctionnalités jugées “essentielles” sont implémentées, il faut immédiatement se confronter à l’utilisateur pour recevoir des feedbacks, grâce auxquels on va faire évoluer le produit. Ces feedbacks sont ensuite à effectuer tout le long de la vie du produit.

Dans une équipe, une erreur courante est de parler de “l’utilisateur”, comme s’il était unique et si chacun utilisait le produit de la même façon. Pour pallier à ce genre de problème, elle conseille la mise en place de “persona” : des archétypes d’utilisateurs ayant un profil bien particulier. L’équipe peut ainsi se référer facilement à la persona “Anne”, qui aime pouvoir tout personnaliser, ou bien à “Charles” qui recherche plutôt la facilité d’utilisation. Lors des tests avec des personnes réelles, il est important de recruter des profils qui correspondent aux personas, permettant de valider ou infirmer ce que ces types d’utilisateurs recherchent, et de faire évoluer les personas en fonction de ces retours.

Lean Startup, l’entreprenariat agile

Emmanuel Levi-Valensi – @PIA_Emmanuel
“ Show, don’t tell ”
“ Faut-il pivoter ou persévérer? ”

Partant du postulat que la cause majoritaire d’échec des startups est qu’elles n’arrivent pas à trouver leur marché,  Emmanuel nous définit le Lean Startup par une méthode rigoureuse visant à accroitre les chances de succès. Quelques exemples célèbres d’entreprises utilisant cette méthode sont notamment Spootify ou Dropbox. Quelques principes généraux sont de viser à la satisfaction client et d’aller se confronter le plus rapidement possible au marché et aux clients potentiels.

Après avoir imaginé un produit, il faut poser ses hypothèses (telles fonctionnalités, tel mode de financement) et définir une stratégie de validation. Ensuite, il faut se confronter rapidement à la réalité du terrain pour voir si ce produit a un marché potentiel. En fonction des retours, il ne faut pas hésiter à “pivoter”, c’est à dire abandonner certaines fonctionnalités ou en développer d’autres qui semblent attendues. Il est essentiel de travailler sur des cycles courts : plus on attend, plus le pivot risque d’être important et dangereux.

Au début, il faut appliquer le principe du “Show, don’t tell”, en créant des mockups, des vidéos, n’importe quel support qui puissent permettre de se projeter. Lorsque le projet avance, il faut créer le plus rapidement possible le “MVP”, pour “Minimum Viable Product” : c’est celui qui va permettre d’entrer dans le cycle Build – Measure – Learn et d’itérer.

Au final, qu’en retenir? Le principe du Lean Startup semble intéressant, et j’ai retrouvé plusieurs des conseils donnés dans d’autres présentations (satisfaction utilisateur, tests utilisateurs, etc.) Un petit regret : une partie de la présentation s’est un peu trop recoupée dans les thèmes avec “Utilisateur, mon amour ma migraine”.