Soirée What The Flex

Quand les Tontons Flexeurs – communauté Flex française – organisent une soirée, j’essaie autant que faire se peut d’y aller. Quand en plus, l’actualité Flex est à ce point mouvementée que Michaël Chaize est de la partie et que l’invitation mentionne « pizzas/bières », je ne pouvais vraiment pas ne pas en être!

C’était donc hier soir, à la Cantine, avec pour objectif de faire une grande remise à plat des évènements qui ont bouleversé le monde Flex ces dernières semaines.

C’était surtout l’occasion de parler de la grosse erreur (que dis-je, du « cataclysme ») de communication de la part de la direction d’Adobe (voir le fameux article du 9 novembre), à savoir l’annonce de l’arrêt du support du Flash Player sur mobile, et la réorientation stratégique vers HTML5. Et bien sûr panser les blessures de la communauté Flex en regagnant la confiance de tout ce petit monde…

Explications.

Soirée What The Flex?!

Flex is D43D

Après une introduction de Yann Chevalier (leader de la communauté TTFX), Michaël Chaize prend la parole et nous rassure tout de suite :

  • Flex n’est pas mort, aucun changement pour les applications côté desktop : ni côté Flash Player embarqué dans les navigateurs, ni côté AIR,
  • Seul le support de Flash pour le mobile est arrêté, c’est à dire que seuls les tablettes/smartphones Android sont impactés, mais Android4 ICS sera la dernière mouture embarquant un player Flash,
  • Les applications Flex mobile « natives » (tournant sur AIR donc) sont plus que jamais d’actualité, et deviennent même le fer de lance de la technologie Flash/Flex

En clair, Apple a gagné le match, possédant 95% du marché des tablettes (le vrai marché visé par les sites web « riches ») et refusant d’accueillir le player Flash. Adobe capitule donc et stoppe sa R&D autour de ces nouvelles plateformes, en argumentant que se focaliser des années sur les quelques pourcents laissé par Apple  à ses concurrents est une cause perdue…

Néanmoins, Adobe laisse libre cours aux éditeurs d’OS mobile pour continuer à investir s’ils le désirent sur cette technologie. C’est ainsi qu’au lendemain de l’annonce d’Adobe, RIM a répondu immédiatement que leur implémentation de Flash Player sur leurs Blackberry PlayBook actuelles et à venir était maintenue ! Et c’est certainement une bonne stratégie, s’ils veulent conserver un argument de vente contre l’iPad, et grignoter des parts de marché côté tablettes.

Passage par la fondation Apache

Le gros tollé de la semaine dernière c’était donc le « don » de « Flex » à la fondation Apache. Pour Michaël Chaize, c’est une des meilleures choses qui pouvait arriver à Flex, qui plutôt que de tomber dans l’oubli (ou dans un carton perdu chez Adobe) va être aux mains de la communauté, va pouvoir évoluer, et une version 5 du SDK serait en préparation, la première version sous l’étiquette Apache.

Au passage, Flex SDK étant d’ores et déjà open source, son passage chez la fondation Apache serait uniquement un changement de gouvernance, et serait (toujours selon nos interlocuteurs) un grand bien pour notre techno adorée !

Mais en quoi consiste ce don ?
Bien plus que le SDK, c’était l’occasion de happer d’autres projets d’Adobe vers de l’open source, notamment :

  • Flex SDK donc,
  • les composants Flex 5 déjà réalisés par Adobe,
  • Flacon, compilateur Flex 10 fois plus rapide et « temps réel » (valide/highlight le code pendant la saisie, et devait être réservé à FlashBuilder)
  • FalconJS, projet expérimental, mais déjà assez avancé de cross compilation Flex (AS3) vers HTML/Javascript (c’était un projet jusqu’alors secret)
  • BlazeDS

Ca sera donc l’occasion de faire évoluer plus rapidement et de mutualiser les évolutions/branches de ces produits réalisées par la communauté de flexeurs.

Les dons à la fondation Apache

Pourquoi Flex ?

Selon Yann et Michaël, la fin de Flex ce n’est donc pas pour tout de suite. Surtout avec l’engouement des développeurs de jeux pour Flash, l’écosystème Facebook et ses applications en Flash, et la possibilité (unique !) de déployer une application Flex indépendamment sur iOS / Android ou Playbook… Et surtout, quel plaisir de travailler avec ce genre de technologie RIA, quand on voit l’état actuel du marché concernant HTML5, son outillage, son architecture pas vraiment adaptée « composants » etc…

Pour illustrer cela, la semaine dernière, à la Devoxx 2011, à la question « quel IDE et outils de développement utilisez-vous pour concevoir vos jeux en HTML5 ? », James Williams qui a écrit un livre sur la question, répondaitsans honte qu’il utilisait « vim voire emacs pour faire du HTML5, sans tests unitaires ni industrialisation, etc… ». HTML5 ne serait pas encore prêt pour des développements de grande envergure et en équipe… mais tout devrait bien sûr changer dans les années à venir !

D’après Michaël Chaize, le marché est en pleine expansion, Adobe a une carte à jouer et ne va pas rater le coche de l’HTML5 (voir Edge d’Adobe), mais la techno ne serait pas encore prête pour concurrencer/rattraper Flex et son écosystème pour le développement de RIA avant 4 ou 5 ans. Et, nous dit-il, « on ne sait pas non plus comment Flex aura évolué d’ici là ». Dans tous les cas, si transition il y a, la communauté Flex l’aura préparée, et sera la première armée pour ce genre de développement.
D’autant plus que le « Write once Deploy Everywhere » de Flex mobile semble inspirer Adobe qui a expérimenté avec FalconJS la traduction AS3 vers Javascript… pourquoi ne pas imaginer à moyen terme développer toutes nos RIA en Flex, et choisir au déploiement la plateforme cible Flash, HTML5, iOS, etc… ?

Flex et son système de description par composant serait la seule solution puissante pour du développement de RIA, et HTML5 n’y serait pas encore adapté ? C’est ce qu’on nous dit !

Seul le domaine des bannières de pub serait la branche amenée à disparaitre à moyen terme selon Adobe.

Et pour la suite…

Côté annonces, il va surtout y avoir la sortie d’un FlashBuilder 4.6, des nouvelles versions de AIR incorporant des capacités 3D très poussées.

La soirée se termine par des questions réponses, toutes plus passionnées les unes que les autres. La communauté est bien là et s’inquiète pour sa technologie préférée.

Nos deux compères nous susurrent que de grands succès et grandes annonces sont à venir, et vont dissiper ce brouhaha médiatique qui s’est emparé de l’information. D’ici le début de l’année prochaine, la situation devrait être stabilisée… Et ils insistent : nous ne devrions pas être déçus par ce qui se prépare !

Avec les collègues, nous avons fini la soirée à une terrasse chauffée non loin du lieu de la soirée, avec Michaël Chaize en Guest Star… et décidément, il est vraiment très sympa !

To be continued…

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