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Retours sur l’Agile Tour 2011 (2/2)

Je fais suite  à mon premier billet concernant l’Agile Tour 2011 pour vous faire part cette fois des conférences auxquelles j’ai assisté l’après-midi.

Améliorez l’efficacité de vos cérémonies agiles

Suite à la formation que j’ai suivi sur SCRUM, il m’avait paru que les différentes réunions n’étaient pas forcément évidentes à mener étant donné que chaque membre de l’équipe peut donner son avis. 7 à 10 personnes qui émettent chacune leur opinion pour à la fin prendre une décisionn,  cela ne doit pas être évident dans la vraie vie. J’ai donc décidé de suivre cette conférence qui devait me donner une partie des réponses à mes questions.

L’oratrice est une Coach (encore une) et certifiée SCRUM Master. Elle accompagne ou a accompagnée, depuis 15 ans, plusieurs équipes en phase de transition vers SCRUM. Tout au long de son discours, elle insiste sur la dimension humaine liée à la bonne gestion des cérémonies agiles. L’agilité nécessite un comportement et une façon d’être spécifique. Pour que tout se passe bien, il faut être ++ comme elle dit. ++ veut dire qu’on est soit même dans une idée plutôt positive de nous-même et avec les autres. On peut alors être constructif pendant la cérémonie agile puisqu’on est dans un pied d’égalité avec les autres membres de l’équipe. On est en phase de collaboration. Dans le cas contraire, la réunion ne pourra être constructive puisque les interactions entre nous et les autres membres de l’équipe seront parasytées par du négativisme (on se sent supérieur aux autres ou inférieur, on sent qu’on n’a pas notre place dans l’équipe).

Conduite du changement et gestion de conflits

Cette conférence est liée à la précédente toujours dans cette esprit des difficultés rencontrées par les équipes agiles. Cependant, l’oratrice, psychologue clinicienne, apparemment débutante dans la prise de parole en présence d’un public assez nombreux n’était pas vraiment à l’aise. Elle n’a fait que lire son support de présentation. On n’entendait parler de gestion de conflits, de stress mais cette lecture assez monotone  a complètement anihilé la conférence. Du coup, j’en ai pas retenu grand chose malheureusement. 45 minutes très longues en pure perte…

Ni Gladiateurs ni Bisounours – une équipe remarquable au quotidien

Avec la première conférence de l’après-midi, celle-ci était sans doute la meilleure de cette deuxième partie de journée. L’orateur, Christophe Thibaut, est un consultant senior ayant 20 ans d’expérience en développement et direction de projets. Il sait bien de quoi il parle et est plutôt très pragmatique.

Lors de cette session, il nous parle de la vie d’une équipe de développement en mode agile avec un focus sur les problèmes rencontrés dans ce mode de fonctionnement. Un des éléments qui revient souvent, et c’est le cas dans n’importe quelle équipe, est la gestion des conflits. Le problème dans l’agilité c’est que cela peut perdre un temps certain et créer une dynamique dans l’équipe très négative. En effet, l’efficacité d’une équipe agile réside dans la communication entre ses membres. Un conflit mal géré aboutit toujours à des blocages entre certains membres de l’équipe. Les interactions ne se font plus et l’équipe aura alors beaucoup de mal à s’autogérer et livrer dans les temps.

Christophe nous donne ainsi quelques élements pour éviter que les conflits fragilise une équipe agile. L’un des plus intéressants aspects de cette session fut alors la découverte des « core protocols » de communication. Je dis intéressant mais je ne l’utiliserais pas forcément dans la vie de tous les jours même en milieu professionnel. Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas les « core protocols » c’est en fait un moyen de gérer la communication au sein d’une équipe à l’aide d’un protocole. Déjà pour moi, c’est pas l’idéal, s’il faut un protocole pour communiquer avec mon équipe c’est qu’il y a déjà un problème. Bref, ce n’est que mon point de vue après ce qui est important c’est la finalité des core protocols. Ils nous montrent qu’il est important dans une équipe que chacun de ses membres puissent indiquer à un autre membre que ce qu’il fait est bien ou pas bien, qu’une personne peut avoir envie de faire une pause, de faire autre chose, de demander de l’aide, etc…

Les core protocols permettent cela grâce à des mots clés. Je vais vous présenter dans la suite quelques exemples choisis par l’orateur.

Check in

C’est le mot clé qui est utilisé pour « entrer » dans l’équipe. Son utilisation indique aux autres membres de l’équipe que la personne est bien présente et motivée pour travailler sur ses tâches. Quand on arrive le matin, par exemple, la personne dit:

  • Check in
  • Je suis content d’arriver au boulot
  • Je suis content parce que j’ai trouvé dans la nuit la solution à mon problème d’hier
  • Je suis énervé car j’ai passé 2 heures dans les bouchons

L’équipe répond alors: Bienvenue!

Ask for help

Ce core protocol, comme son nom l’indique, est utilisé lorsqu’une personne de l’équipe a besoin d’aide. La personne dit alors:

  • Quelqu’un peut m’aider j’ai un problème avec un bug que je n’arrive ps à résoudre depuis deux jours ?

Le membre de l’équipe qui le souhaite peut répondre alors oui et prendre le temps d’aider la personne qui a demandé de l’aide.

Check out

Sans justification, ce core protocol peut être utilisé par n’importe quel membre de l’équipe pour « sortir » de l’équipe. Un membre de l’équipe est fatigué, énervé de travailler sur la même tâche depuis 2 jours sans arriver à une solution, ne peut pas tenir ses engagement, etc… Il dit alors:

  • Check out

Il va alors prendre une pause, boire un café et revient plus tard ou il rentre chez lui.

J’en ai présenté que trois mais il existe beaucoup d’autres core protocols comme Perfection Game, Pass, Protocol chec, Intention Check. L’avantage avec les core protocols c’est qu’ils forcent les membres d’une équipe à se parler et surtout à se dire ce qui va ou va pas. Ils nous apprennent qu’il est important de :

  • faire des retours positifs à quelqu’un ainsi que des négatifs,
  • de demander de l’aide à l’équipe,
  • de faire une pause quand on arrive plus à avancer,

Cependant, à mon sens, leur utilisation rends l’individu proche d’une machine. De plus, ils aboutissent à des contraintes puisqu’on est obligé de les utiliser lorsqu’ils sont mis en place dans une équipe. Cela déshumanise les individus sans oublier le fait que vu de l’extérieur les autres personnes doivent prendre les membres de ce genre d’équipe pour des fous ou des membres d’une secte. En tout cas, c’était intéressant de savoir que ce genre de moyen existe.

Les frontières de l’équipe

L’orateur, un consultant de SFEIR, a commencé sa conférence par un petit jeu basé sur les fameux oeufs en chocolat Kinder. Il a partagé 6 personnes du public en deux équipes de 3 avec chacune 3 oeufs. La première, spécialisée sur une tâche, s’est organisée en une personne qui devait sortir l’oeuf de son papier alluminium, la seconde devait manger tous les chocolats et la dernière était spécialisée dans la réalisation de la Kinder surprise. La seconde équipe elle multi-disciplinaire dont chaque membre devait faire les 3 étapes d’affiler avec son oeuf. Bien sûr, c’est l’équipe multi-disciplinaire qui l’a emporté. L’orateur en conclut par l’efficacité en agile d’équipe multi-disciplinaire.

Pour la suite, se fut en résumé, une nouvelle formation à SCRUM avec des illustrations basées sur la bande-dessinée Asterix. Une équipe d’irréductible, les agiles, représentée par le village gaulois au milieu de tous les autres (PO, client, équipes non agiles, …) que sont les différents camps retranchés romains.

Une session qui ne m’a pas vraiment laissée d’éléments instructifs.

Conclusion

Malgré certaines sessions très peu intéressantes, j’ai quand même eu beaucoup de retours intéressants sur l’utilisation de l’agilité dans le milieu professionnel. J’ai pu voir les difficultés rencontrées par les équipes agiles et surtout les moyens de les atténuer au maximum. En résumé, il n’est pas évident de mettre en place l’agilité mais, comme tout, l’important c’est d’adopter une attitude positive avec soi-même et les autres. Un élement important de l’agilité c’est qu’une équipe ne performe pas du jour au lendemain. Cela nécessite plusieurs mois de travail ensemble pour améliorer sans cesse les choses. Il est donc primordial, à mon sens, plus qu’avec des méthodes traditionnelles, que cette équipe ne soit pas dissoute après quelques mois. Cependant, l’agilité c’est aussi une façon d’être et de penser en équipe. Quelqu’un qui a une expérience dans l’agilité aura plus d’aisance à se réintégrer dans une nouvelle équipe agile puisqu’il aura, au moins, acquis l’état d’esprit agile. J’aurais aussi compris qu’au delà de l’équipe elle-même, le succès de la mise en oeuvre de l’agilité dans une entreprise est basé sur la confiance de ses dirigeants envers leurs équipes agiles.

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