Retour sur l’étape Parisienne de l’Agile Tour 2009

Seconde édition, après le succès des 7 étapes de l’Agile Tour 2008 (700 participants), l’Agile Tour 2009 voit plus grand et parcourt 18 étapes mondiales en ce mois d’octobre avec une prévision de 2500 à 3000 participants.

Le programme pour l’étape Parisienne était le suivant avec constamment 3 sessions en parallèle dans les locaux de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense :

  • orientées Recherche et Méthode, dans un (grand) amphi
  • orientées Managers dans une salle d’une capacité d’environ 50 personnes
  • orientées Coaching et Equipes dans une salle d’une capacité d’environ 50 personnes

D’après les organisateurs, entre 200 et 250 personnes étaient attendues, mais il faut croire que le côté gratuit de l’évènement incite certaines personnes à s’inscrire sans forcement se rendre à l’évènement (un peu dommage pour la logistique, pour la peine ils n’auront pas droit à un t-shirt offert ainsi qu’aux réductions pour les formations partenaires).

De grands noms ? Il faut bien tenir tête aux organisateurs locaux de Grenoble qui ont mis la barre très haute (Henrik Kniberg, auteur de « Scrum et XP depuis les tranchées » et Elisabeth Hendrickson, membre du board de l’Agile Alliance), et donc d’inviter – en complément d’universitaires – des membres de renommée internationale comme Jean Pierre Vickoff (PUMA) et Déborah Hartmann Preuss.

Tout a commencé vers 9h30 avec l’accueil de Patrice Petit (fondateur et organisateur de l’Agile Tour, dirigeant des sociétés Agilii, Agilbee, et enseignant en Universités) qui présente l’édition 2009, la journée parisienne, et remercie les sponsors.

C’est donc avec 20 minutes de retard que débutent les sessions, ce qui aura un léger impact pour ceux qui, comme moi, changeront de salle / thème après la première session.

Mais de quoi parle-t-on à l’Agile Tour 2009 ?

De pratiques agiles voyons. Vous avez certainement déjà entendu parler de Scrum, d’XP (eXtreme Programming), Scrum Master, Product Owner, Coach Agile, Sprint, TDD, Pair Programming. Non ? Dans ce cas vous avez raté l’opportunité de mettre un pied dans l’engrenage et d’apporter un souffle nouveau à vos projets … voire à votre entreprise. Sachez que Novédia Vision, pôle Conseil Technique et Méthodologique de Novedia, saura vous accompagner dans la découverte et l’adoption de ces pratiques. Mais commençons tout de suite en parlant plus concrètement de l’évènement qui nous intéresse.

Ils étaient 69% (inscrits) à l’étape parisienne à déclarer peu connaître l’agilité, contrebalancé par 18% (inscrits) à déclarer en avoir fait une adoption totale. La journée s’annonçait donc sous le signe des extrêmes, et le découpage opéré par les organisateurs salutaire pour que tout le monde y trouve son compte.

Difficile de se dédoubler, il faut donc faire des choix et accepter de passer à côté de conférences, retours d’expériences, ou encore ateliers intéressants sur le papier.

Je vous propose quelques morceaux choisis des sessions de la matinée auxquelles j’ai eu l’occasion d’assister.

Embarquez avec SCRUM – Mise en place de SCRUM à la Direction Internet de GENERALI Christophe Leonard, Generali

Lors de cette session, à mi-chemin entre la conférence et le retour d’expérience, le speaker nous explique la démarche de la société Generali qui a abouti à l’adoption de pratiques agiles. L’objectif de la présentation est notamment de démystifier ces dernières.

Contexte : création d’une direction Internet début 2008 avec pour objectif d’ajouter une composante B2C (« espace client ») au site institutionnel de la société … en 6 mois. Compte-tenu des délais, le choix des méthodologies agiles s’est imposé, en particulier la méthodologie Scrum dont le crédo est « d’apporter la plus grande valeur métier sur la durée la plus courte », ce qui est complètement en phase avec la contrainte initiale de délais.

Les piliers du Manifeste Agile ont été rappelés :

  • « Individuals and interactions over processes and tools », ou l’importance des hommes et du travail en équipe
  • « Working software over comprehensive documentation », ou le fait de privilégier un logiciel qui fonctionne et apporte de la valeur, face à une documentation abondante et parfois dépassée
  • « Customer collaboration over contract negotiation », ou le recentrage sur la notion de partenariat plutôt que la relation (source de conflits) de type client / fournisseur (même au sein d’une même organisation)
  • « Responding to change over following a plan », ou l’importance de s’adapter au changement plutôt que de s’enfermer dans une planification et un échéancier précis

ainsi qu’une cinquième valeur chère au speaker : « le mode itératif et l’optimisation continue ».

Lorsqu’on parle d’itération, on en vient à introduire 2 termes :

  • le sprint : terme propre à Scrum qui désigne une itération élémentaire lors de laquelle l’équipe se focalise sur la mise en oeuvre d’un ensemble fini de fonctionnalités. Sa durée va en général de 1 à 4 semaines
  • la release : mise en production d’une nouvelle version du logiciel (dans un contexte Scrum, regroupe le résultat d’un ou plusieurs sprints)

Reprenant le 1er pilier du Manifeste Agile, l’intervenant décrit les 3 rôles intervenant dans un projet mené avec la méthodologie Scrum :

  • le Product Owner, ou encore celui qui représente les intérêts de l’utilisateur final
  • le Scrum Master, ou encore celui qui est en charge d’appliquer tous les préceptes de Scrum, à commencer par animer le projet, protéger l’équipe, et dénouer les problèmes. Selon l’intervenant, il est préférable que cette personne soit à temps plein, et également qu’elle joue pleinement son rôle sur la période d’un sprint en défendant les intérêts du projet face aux demandes du Product Owner (analogie avec le capitaine d’un bateau qui est seul maitre à bord entre 2 ports et qui peut décider de ne pas prendre le large si on surcharge son bateau).
  • l’équipe, ou encore toute personne (développeur, testeur, etc.) intervenant dans le processus de production de valeur

Egalement mis en évidence, le Daily Scrum, meeting d’équipe quotidien de 15′ à 30′ servant à l’auto organisation de l’équipe (avancées des dernières 24h, problèmes / difficultés rencontrées, tâches envisagées pour la journée), pour lequel le speaker a souligné qu’il n’était pas le lieu pour la résolution de problèmes (pris en charge par le Scrum Master, à moins que des membres de l’équipe ne s’auto-organisent dans la journée pour y remédier).

Concernant le second et le troisième pilier, on mentionnera le Planning Poker qui est un outil destiné à évaluer en groupe la complexité des User Stories (à rapprocher de la notion de cas d’utilisation pour les novices), mais aussi à en affiner le contenu en confrontant les estimations, pour aboutir à une décomposition en tâches.

Pour finir, l’intervenant a décrit deux évènements post Sprint (itération) :

  • la revue de sprint : réunissant l’équipe (au sens large) et toute personne concernée par le logiciel produit (utilisateurs par exemple) pendant 1 à 2h pour présenter de manière informelle (et sans grande préparation, laquelle ne doit pas dépasser 2h selon l’intervenant) le contenu du sprint via des démonstrations concrètes, permettant au Product Owner de valider les fonctionnalités, voire de s’appuyer sur des éléments concrets pour envisager de les compléter
  • le bilan de sprint (plus connu sous le nom de « rétrospective ») : réunissant l’équipe (au sens large) pendant 30′ à 2h pour faire un bilan du sprint et identifier les progrès réalisés ou à faire, les erreurs ou problèmes rencontrés, dans le but d’en tirer des leçons (amélioration continue)

Quels sont les gains mesurés par la direction Internet de Generali ?

  • Une meilleure communication, confiance, transparence
  • Une visibilité et maîtrise du coût
  • Une mise en valeur des équipes de réalisation
  • Une réactivité face au marché

Reprenant le dernier point, l’ « Espace Client » a bien été mis en ligne dans les délais, et les premières analyses comportementales des utilisateurs ont permis de revoir les priorités par la suite pour aller d’abord vers la réalisation des fonctionnalités les plus propices à générer des retombées financières.

Des conseils ? Voici ce que le speaker retient après 18 mois de pratiques :

  • l’importance de se faire accompagner par des experts
  • l’importance du sprint 0 (mise en place du projet, choix des outils et orientations techniques)
  • ne pas commencer la 1ère itération avant d’avoir un backlog produit (liste de fonctionnalités) assez fourni pour occuper l’équipe
  • le recours à l’intégration continue et aux tests automatisés
  • préférer des petits projets sans adhérences pour une première expérience de projet agile
  • suivre de près les adhérences

 

Profil d’un coach Agile – Oana Juncu, SFEIR

Comment définir un coach Agile ? Ou alors retour d’expérience et vision du coach intervenante ? Difficile de le dire car la présentation était quelque peu tournée autour d’anecdotes et du vécu de la speaker, et moins autour de l’élaboration du portrait robot du coach Agile.

Résumons la session sous ces 2 angles :

Le coach Agile

Le coach peut être vu dans sa définition classique comme un entraineur, quelqu’un qui va apporter son soutien, qui aide les gens à être performants. Dans un contexte agile, le coach ne se situe pas nécessairement au niveau « projet », mais plutôt au niveau organisationnel : son champ d’action va au delà de celui qu’on pourrait attribuer à un Scrum Master, population que le coach est souvent amené à former, tout comme le Product Owner.

Les qualités / valeurs que doit porter un coach agile sont, d’après la speaker :

  • être pragmatique
  • observer et non imposer
  • promouvoir
  • encourager l’adoption du binômage au delà du cadre de la production de code, mais à tous les niveaux
  • savoir accompagner le changement avec respect (être capable de faire un état de lieux de l’adoption des pratiques agiles, observer les comportements, et réfléchir aux changements que l’équipe peut absorber à un instant t)

Les réflexions de l’intervenante

La coach est revenu sur son parcours qui l’a amené d’un contexte de projets (il y 4 ans de cela) réalisés dans un modèle de cycle en V incompatible avec les fortes contraintes Time To Market, au statut de coach et promotrice des pratiques agiles, en étant passée par les étapes intermédiaires de « coachée » , d’intervenant agile, et de partenaire agile. De quoi vous montrer qu’on passe par différentes étapes avant de se sentir / être reconnu comme un coach.

Selon elle, le coach agile a pour objectif d’aller plus loin que le périmètre IT d’un projet logiciel. Il a son rôle à jouer dans l’établissement et l’animation des communautés utilisateurs, en commençant par l’accompagnement du Product Owner dans la découverte de son rôle dans le cadre d’un projet Scrum.

Elle a également cité le Shu-Ha-Ri, principe d’apprentissage clé des arts martiaux japonais, repris par Alistair Cockburn dans une déclinaison agile sous la forme « Pratiquer / Améliorer / Evoluer » qui peut définir les fondements du coaching agile.

La suite ?

L’après-midi a été riche de contenu et d’enseignements, mais ceci fera l’objet d’un autre billet.

En attendant, je vous propose quelques lectures pour patienter :

 

 

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