Retour sur Google i/o: une ambiance, une communauté, une stratégie

Pour la première fois cette année, Novedia était présent à Google i/o. Pour voir, pour écouter, pour apprendre et comprendre. Deux journées d’intense immersion dans l’univers Google. Avec un peu de recul, retour donc sur cet évènement, ses coulisses, son ambiance, et les annonces telles qu’elles ont été vécues de l’intérieur. 

Une organisation au service d’une ambiance
5000 personnes, cela commence à faire un peu de monde, surtout quand tout le monde veut faire la même chose au même moment : récupérer son badge, passer d’une salle de conférence à l’autre, déjeuner… Pourtant tout se passe admirablement bien. Pas de stress, pas d’agacement, pas de ronchonnage… simplement une foule studieuse et relax.

L'accès à la keynote ou “pas d'inquiétude, il y a des chaises pour tout le monde”

Bravo pour l’organisation jamais pesante, jamais oppressante, juste efficace, pleinement au service des participants et de l’évènement.

Pourtant les journée sont rythmées, avec 4 grands temps forts (sans compter le passage au stand géant de bonbons pour faire des réserves de sucre entre deux sessions !) qui s’enchaînent :

1 – La keynote du matin qui enclenche la journée. Moment de communication mondiale, c’est la partie de la conférence la plus visible de l’extérieure. 5000 personnes à la messe, chauffées à blanc comme pour un concert, émerveillées comme des gamins devant les vitrines de noel… drôle de mélange !

2 – Les sessions thématiques, qui se déroulent en parallèle dans 11 salles de réunion, et qui s’enchaînent heure après heure. Lieux d’échanges entre les équipes Google et les participants, c’est lors de ces sessions que la dimension technologique de l’évènement est la plus forte. Au delà de quelques éléments de stratégie et de quelques annonces, les sessions donnent lieu à de nombreuses démos illustrées par la description des API ou du code qui les rendent possibles.

“Plus que quelques minutes avant le début...”
“Impatient d’en savoir plus sur le développement d’application pour la google tv?”

3 – Les Office hour, l’après midi, qui permettent de rencontrer en tête à tête les équipes Google responsables des diverses solutions. Une table, quelques chaises, un tableau blanc et un panneau à l’entrée “Venez donc poser vos questions”. Pas besoin de plus. Le médecin a ses horaires de consultation libre, le député sa permanence, le chef de produit Google son Office Hour.

“How can I help you?”

4 – L’after party, car ce n’est pas tout mais il faut un peu s’amuser. Musique, bars et animations, là où quelques heures plus tôt avait lieu la keynote.

“Let the party begin!”

Une communauté d’esprit ,  5000 personnes venues échanger autour d’un même sujet, cela peut vite faire pélerinage. Pourtant, hormis les keynotes, rien de tel. Pas de bourrage de crâne, pas de slogans googliens, ou d’évangélistes postés à chaque coin de stands. Peu ou pas de logo “Google”, délaissés au profit d’“Android”, “Chrome” ou “Youtube” .

…Si l’espace des conférences est entièrement dédié à Google, les allées et couloirs de la conférence sont entièrement laissées aux partenaires.

“Android Zone”

Petits ou grands, à vocation commerciale ou plus philanthropique, constructeurs de hard ou fournisseurs de soft, ils sont là. On montre plus que l’on parle. On explique plus que l’on tente de convaincre. Personne ne tente vraiment de faire une vente. Pas de fausse pudeur, on ouvre le capot et on se montre ses bouts de code.   Parce que ce n’est pas toujours nécessaire de faire les choses de manière sérieuse, de nombreuses exposants sont venus avec des applications ludiques. Rien de surprenant alors de croiser de gentils robots verts…

“I am Nono, the little robot, Ulysse’s friend”

…de traverser le Golden Gate Bridge sur tapis de course relié à Google Earth…

"Almost on the other side"

…d’ être attendri par une Galaxy Tab jouant “Imagine” sur un piano à queue…     

"John est parmi nous... dématérialisé"

Bien sur, plus sérieusement c’est l’occasion de constater l’énergie que mettent les medias, les éditeurs de progicielles ou des start-up pour capitaliser d’une part sur les solutions de Google, d’autre part sur les évolutions des technologies web (HTML5 en particulier). Ils y croient. Ils pourraient le dire du bout des lèvres, mais ce n’est pas le cas. Ils y croient vraiment.

Et après avoir tant appris et vu, après avoir tenté de gagner la Google TV en amenant la boule au bout du labyrinthe géant commandés par une tablette…

“zut! J’y étais presque”

… rien de tel que de s’effondrer dans un des espace de détente tout en rechargeant son téléphone.

“5 minutes. Il me faut 5 minute de pause”

Une stratégie : le web comme plateforme Au delà de l’’ambiance et de l’énergie positive qui ressort de la communauté Google, reste le fond de la conférence et les diverses annonces.

“The web is what you make of it”: simple, sobre… juste ambitieux ; un bon résumé global de la teneur des messages de Google cette année. Plus que les annonces du premier jours, finissant le cycle des actions de l’année dernière et installant Android comme une plateforme unifiant tous les canaux (“je vous ajoute le support pour les accessoires et la maison connectée, ma petite dame et emballé c’est pesé”), c’est surtout la session du deuxième jour qui a emporté le plus d’enthousiasme.

Rien de tel pour gagner l’approbation de 5000 fans de Google que de parler du “WEB”, et au passage de se positionner comme le défenseur de l”OPENWEB”.
Les constats sont forts, les arguments tranchés, la mise en œuvre est en marche :

  • Le web a enfin finalisé sa transformation d’un univers de sites à un univers d’applications fiable et performant grâce à la maturité désormais acquise du Javascript et des frameworks graphics (Canvas 2D, mais surtout WebGL),
  • Chrome, fer de lance de l’openweb, progresse à un rythme effréné, en terme d’évolution (8 mises à jours en 12 mois) et surtout en terme d’adoption (160 millions d’actifs; x2,5 en 1 an), preuve de l’intérêt qu’y trouvent les utilisateurs,
  • Chrome, au travers du lancement de Chrome Web Store, ouvre de nouvelles perspectives en terme de nouveau modèle de distribution et de monétisation d’applications.

“Long live the web!!”

Mais en cette deuxième journée cela ne suffisait visiblement pas à Google. Il restait un morceau de choix : faire du navigateur un OS pour PC, et par la même attaquer en frontal Microsoft. C’est donc chose faite. Chrome Os, annoncé et testé par certains l’année dernière (1 million de demandes de test !!… pour cela qu’il m’ont pas choisi… sniff sniff), est désormais une réalité marché. Dès Juin les premières Chromebooks seront disponibles. Le lancement et la distribution seront assurés par un groupement stratégique associant constructeurs (Acer et Samsung), opérateurs (SFR pour la France), distributeurs (Amazon en particulier), des offres entreprises/étudiants en mode locatif purs (30$/mois) soutenu par les grands noms de la virtualisation (Citrix, Vwware) pour faciliter la portabilité des applications métiers.

La promesse du concept ChromeBook est simple: “the web in a computer like object”. Les attributs sont le contre pied total du laptop classique, et une réponse à la wish list de tout utilisateur lucide :

  • Démarrage instantané,
  • Toujours connecté et permettant d’accéder à toutes ses données où que l’on soit,
  • Autonomie d’une journée complète,
  • En perpétuelle amélioration (par la mise à jour silencieuse over the air de chrome OS),
  • Naturellement sécurisé (par l’effet sandbox du navigateur).

Excitant, mais en même temps à se demander tout de même si cela n’est pas un peu trop beau et surtout un peu trop tôt. Arriverons-nous à lâcher certaines de nos vieilles habitudes ? Aurons-nous les éléments de connectivité nécessaires ? Les éditeurs feront-ils rapidement les investissements nécessaires pour offrir des services adaptés ? A suivre dans de prochains épisodes…

Bref en 2 jours, Google avait clos sa phase contenus, unifié sa stratégie multi-terminales, et ouvert un nouveau front dans l’univers des OS…
…il était temps d’aller au bar du coin prendre quelques bières et de se dire que vraiment, le web “is what google makes of it”.

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