QCon London 2012

Du 7 au 9 mars dernier, Objet Direct était présent à l’édition Londonienne de QCON, la conférence sur le développement logiciel propulsée par le site d’information InfoQ.

Avec 700 participants,  6 sessions en parallèles et 100 présentations programmées, l’événement a réunit de nombreux speakers de renommée internationale tels que: Martin Fowler, Greg Young (Domain Driven Design et CQRS), Dan North (Behavior Driven Development), Rich Hickey (Inventeur du langage Clojure).

Les sujets phares de cette année étaient le NoSql, porté par la keynote de M.Fowler, les architectures mobiles, le web et HTML5, les architectures scalables et sans oublier devops.
Mais surtout un élément commun qui ressortait de nombreuses talks était la recherche de la simplicité dans les architectures dans le but de livrer toujours plus de valeurs à nos clients.
Les keynotes de Rich Hickey et de Greg Young y étaient d’ailleurs dédiées.

L’occasion durant ces 3 jours de prendre du recul sur notre métier et de faire le point sur les dernières innovations et les bonnes pratiques d’architecture. Avec autant de contenu, impossible de revenir sur tout. Je vous propose donc un petit tour des sujets et conférences qui m’ont le plus marqué.


Big data

Un sujet fort cette année encore à QCon, les données à “fort volume” et le NoSql (Not only sql) qui permet de les stocker et de les traiter.

D’abord, dans la keynote d’ouverture Martin Fowler et Rebecca Parsons nous rappellent que durant ces dernières années, la production et la consommation des données ont connu une croissance extrême qui ne cessera de s’amplifier.

Ces problématiques ne sont pas seulement celles des grands du web tels que Google, Facebook ou Amazon mais on peut aussi rapidement les rencontrer dès lors qu’on travaille sur des services avec de nombreux utilisateurs.

C’est là qu’interviennent les solutions de NoSql, l’abréviation de Not Only SQl.
Pour M.Fowler, ces solutions ont toutes plusieurs choses en communs:

  • non relationnelle
  • schema-less
  • clutster-friendly
  • open source
  • tournée vers le web du 21ème siècle

Les “big data” ne sont plus simplement du texte ou des liens mais bien des images ou des vidéos qui sont des contenus plus difficilement indexables et qui requièrent plus d’espace de stockage. Les données sont maintenant aussi distribuées et mobiles.
Il y a un besoin urgent d’analyser et d’exploiter les données qui sont une formidable source d’information, et donc de revenu, pour les entreprises. M. Fowler propose d’introduire un nouveau terme pour désigner les ingénieurs en charge de ces systèmes : “data journalist”.
Les données ont donc plus que jamais une importance capitale. Le choix du type de datastore (bdd relationelles classiques, bases NoSql, in memory store) est donc critique dans la phase de conception de l’architecture des projets.

Dans les solutions proposées on notera l’event sourcing. L’event sourcing consiste à enregistrer les changements d’état de l’application sous forme d’évènements qui, une fois jouées séquentiellement,permettent de découvrir l’état de l’application. La stratégie est de rendre évènement (commande) toute interaction avec l’application qui change son état. Concept pas tout à fait récent, puisque c’est déjà le principe utilisé dans les VCS (version control system) mais qui a l’avantage d’être facilement distribuable et interrogeable. Avec l’event sourcing, il n’y a même plus de base de données, relationnelle ou non. Toutes les données sont en mémoire, seule le log des évènements est conservé pour le rejoué à posteriori si besoin.
L’event sourcing est souvent utilisé en complément d’une architecture CQRS. Pour une présentation détaillée et tirée d’un cas d’utilisation réel de l’event sourcing je vous conseille la présentation de Martin Thompson de LMAX quand elle sera disponible sur InfoQ.

Un dernier indicateur pour souligner l’importance du NoSql ces derniers temps: Le prochain livre de Martin Fowler sera consacré à ces technologies…

La “simplicité” pour les développeurs en quelques talks


On a souvent entendu les termes de simplicité et de compromis (trade-off) pendant ces 3 jours.

J’ai particulièrement apprécié la présentation de Dan North, “Decision, Decision” qui nous rappel que “chaque décision est un compromis”. Et en effet, on l’oublie bien souvent, mais chaque décision que l’on prend à chaque étape de la création du logiciel implique des compromis que l’on se doit de mesurer.
Et ceci est valable aussi bien pour les fonctionnalités et l’architecture que pour les tests (automatiques ou non), les outils (intégration continu ou pas) et même la composition de l’équipe (distribuée ou non).
La forme était aussi géniale. Dan North est un excellent speaker et je ne peux que vous conseiller d’aller voir sa présentation quand elle sera disponible sur InfoQ.

L’autre excellent speaker qui a conclut le premier jour était Greg Young. Ne cherchez pas les slides sur le site, le Monsieur est tellement bon qu’il nous a gratifié d’une petit tour sur scène pendant 1h sans slides.

Le sujet ?

“Developers have a mental disorder”

Un show pour nous rappeler à quel point NOUS, les développeurs, avions tendances à se complexifier la vie sans pour autant livrer plus de valeurs à nos utilisateurs.

La vraie raison ? Les développeurs aiment résoudre des problèmes que personne n’a. Des problèmes complexes auxquels ils pourront se confronter et montrer toute leur inventivité. Quitte à s’en inventer de nouveaux !

Il prend des exemples volontairement choquants (“Les bases access et leurs formules sont les meilleurs logiciels jamais créés !”)
Greg Young secoue tout le monde et nous oblige à considérer toutes solutions, même les moins évidentes en terme de qualité, pour livrer de la vraie valeur rapidement.

How gitHub works

Dans un registre un peu différent, j’ai adoré la présentation de Zach Holman sur le fonctionnement de GitHub. Parmi les autres présentations d’organisation des grands du web ou de l’agilité/lean appliqués dans les grandes groupes, j’ai trouvé qu’elle dénotait et apportait une touche rafraîchissante à la conférence. J’aurais l’occasion d’y revenir en détail dans un prochain article, mais Github est une startup étonnante dans son organisation et cela pour deux raisons que je trouve essentielles:
– Elle est consommateur de son propre produit.
– Elle est profitable depuis le premier jour.

La conséquence est que Github emploie désormais 60 personnes et continue de faire son chemin sans management. Uniquement avec des équipes petites et responsables de leur produit. Une vraie démonstration de lean startup pour moi.

Conclusion

Je n’ai évoqué que quelques unes des conférences auxquelles j’ai assisté, mais ces 3 jours à QCon étaient vraiment une excellente expérience. D’un point de vue technique, j’ai appris des choses variées telles que les subtilités du HTML5 pour les mobiles ou les optimisations de jvm. Sur l’architecture j’ai désormais de nouveaux outils et méthodes à ma disposition mais je pense surtout que je vais essayer d’aborder les problèmes différemment. En pensant plus désormais aux compromis liés au choix plutôt qu’aux bénéfices.

Un autre effet d’une conférence telle que QCon c’est la motivation pour retourner dans son équipe et distiller les bonnes pratiques, changer les organisations. Voir des retours d’expériences qui expliquent les difficultés rencontrées et comment elles ont été surmontées est important. Cela permet de partager sur nos même problématique ET surtout de savoir qu’il est possible de réussir.
Je citerai donc notre collègue Johan, de retour au le lundi après la conférence :

“Dan North m’a éclairé, je suis beaucoup plus zen qu’avant d’aller à Londres :)”

J’ai aussi apprécié la diversité des sujets traités. Vous changez de salle et vous passez des tweaks de la jvm chez twitter au lean management dans une banque !

Comme toutes les grandes conférences, il est souvent difficile de faire le choix entre les présentations à aller voir. Il est même parfois frustrant d’entendre un collègue qui sort d’une autre salle que c’était LA présentation à ne pas louper. Heureusement, le site InfoQ propose dans les mois suivants chaque QCon retrouver sur son site les vidéos des présentations les plus marquantes.

Raphaël Brugier

2 réflexions au sujet de « QCon London 2012 »

  • 27 mars 2012 à 23 h 30 min
    Permalink

    J’attends avec impatience l’article sur GitHub, qui est pour moi un modèle d’entreprise idéale. Et Zach Holmann est un homme très cool, ce qui ne gâche rien.

  • 30 mars 2012 à 19 h 42 min
    Permalink

    Merci pour ce retour très sympathique.

    J’ai hâte également de lire ton article sur GitHub !

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