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Un zeste d’Agile saupoudré de Psychologie

Après un premier article pour prendre la température d’un événement comme l’Agile Tour, je vous propose de partager un moment sur les ingrédients qui font en grande partie le succès d’une conférence : les conférenciers et leurs sujets.

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Mon choix se portera en particulier sur la manipulation, oups non, la psychologie (terme plus grand public !) et, dans un prochain article, l’artisanat logiciel. Mais pourquoi ces sujets loin des préoccupations des cérémonies Scrum ou bien de la mise en place d’un tableau Kanban ? Tout simplement parce que l’Agile, ce n’est pas seulement un outillage et des méthodes, c’est avant tout une philosophie, l’envie de faire mieux ou plutôt « l’amélioration continue ». Et par l’intermédiaire de ces deux axes, un projet peut sensiblement devenir meilleur.    

Psychologie (Agile ?) 

Avant d’ « être Agile », nous avons été confrontés à un autre système. Rappelez-vous, celui avec des équipes construites sous forme de silos et qui se passaient le relais les unes aux autres pour faire aboutir un projet. A l’époque, cette méthode s’appelait le « Cycle en V ». Cette époque qui peut paraître lointaine est pourtant toujours d’actualité et est encore aujourd’hui très implantée dans nos contrées. Alors comment nous autres Agilistes convaincus pouvons-nous aider nos confrères à tenter l’aventure Agile ? C’est avec ce leitmotiv que je me suis présenté à l’entrée de la conférence « Psychologie Agile: le changement » présentée par Jean-Charles Meyrignac.

Jean-Charles Meyrignac - Psychologie Agile

Jean-Charles Meyrignac – Psychologie Agile

Après un début de conférence un peu chaotique dû au stress de notre hôte, rapidement évacué par un incroyable mouvement d’encouragement de l’assemblée, Jean-Charles nous présenta les huit étapes par lequel nous autres homo sapiens passons lorsque nous sommes confrontés à un important changement :

  • Nier
  • Se mettre en colère
  • Rationnaliser, se justifier
  • Marchander
  • Faire semblant d’accepter
  • Déprimer
  • Lâcher prise
  • Accepter

 

Ce schéma n’est aucunement lié à l’Agile bien entendu, mais à celui du fonctionnement de l’individu lui-même. S’en suit un ensemble d’anecdotes sur sa vie personnelle, un partage de ses difficultés face à d’important changements dans son quotidien. Plutôt que de rentrer dans les détails de ces parties propres à notre conférencier, je vais tenter de faire un parallèle avec des comportements que nous pouvons rencontrer au quotidien. Lorsque l’on attaque de front des membres d’une équipe habituée au cycle en V, et qu’on leur explique que maintenant, suite à une demande de la Direction par exemple, ils vont travailler en Agile.

  • Ils vont tout d’abord rigoler en pointant du doigt les on-dit : « les post-it, le bordel organisé, il n’y a plus de chef, ça va être la fête ! » — Nier
  • Certains vont élever la voix « Je suis chef de projet, je ne vois pas comment les développeurs pourraient s’organiser tout seul ! Ils ne tiendront jamais le planning !» — Se mettre en colère
  • Les années de pratiques vont refaire surface « En l’état actuel, on ne peut pas développer plus vite, les tâches sont parallélisées à l’extrême, les spécifications ont été établies avec le client dès le début du projet pour décrire précisément leur but… » — Rationnaliser, se justifier
  • Quelques illuminés devraient proposer de prendre certaines pratiques car elles semblent fonctionner chez l’ami d’un collègue de la belle-sœur, les développements en cycle court par exemple, les réunions de quelques minutes le matin avant de commencer la journée. – Marchander
  • Viendra ensuite le renommage de pratiques usuelles : les AMOA, on les nomme maintenant des Product Owner et les chefs de projet deviendront des Scrum Master. Les réunions entre chefs de projet deviennent des Scrum of Scrum, le planning sera affiché au mur. — Faire semblant d’accepter
  • « Ah au final, ce ne sont pas les chefs de projet les Scrum Master ? Et le planning, c’est l’équipe elle-même qui va le déterminer ? » — Déprimer
  • « Ok, on va tenter de réunir l’équipe dans un même lieu et regarder ce qu’elle réussira à réaliser à la fin d’un premier sprint de test… » — Lâcher prise
  • « C’est pas mal quand même ces démos, on voit tout de suite l’avancée. Et les rétrospectives, les idées qui en ressortent semblent prometteuses. » — Accepter

Un sentiment de déjà vu ?

Même si cette conférence n’apportait pas de solution directe, elle permet de définir les schémas qui attendent tout évangéliste face à l’hostilité : c’est une première avancée ! Cependant le chemin est encore long pour trouver le remède miracle sur l’adoption du changement… Je conclurai par une citation de Jean-Charles Meyrignac qui m’aura marqué : « Les gens ne sont pas réfractaires au changement, ils sont réfractaires au fait de les changer eux-mêmes ».

Une question d’implication peut-être ? 😉

Cette conférence terminée, une autre commence sur un thème très proche étant donné qu’on reste dans le domaine de l’accompagnement au changement, mais sur un ton bien plus dynamique ! « Action Types© : Manager la performance », c’est le sujet que nous a présenté le duo Philippe Houssin et Patrice Petit. Ce sujet, ce n’est pas votre hôte du jour qui vous le contera mais une autre Viseolienne. Avant d’accéder à mon dernier article sur l’Agile Tour, au sujet de l’artisanat logiciel, je vous redirige donc et vous conseille vivement l’article de Zineb Aissaoui Kamal sur le sujet.


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