Processus métiers en entreprise : introduction et notions

Cet article est le premier d’une série destinée à vous familiariser avec les processus métiers et leur rôle fondamental dans la réalisation de systèmes informatiques répondant aux objectifs du métier.

Dans cette série d’articles, nous utiliserons et comparerons deux notations standards (UML et BPMN) à travers des exemples concrets. Nous tenterons de voir dans quel cas chaque notation est la mieux adaptée.

Processus métiers en entreprise

Définition (agrégation de différentes sources)

C’est un enchaînement d’étapes à réaliser pour répondre à un objectif métier identifié. Ces étapes sont des actions réalisées par différents acteurs et synchronisées par des échanges. Le processus métier crée de la valeur au sein d’une organisation.

Quelques représentations d’un processus

Représentation selon une notation spécifique (UML – Eriksson-Penker)

Processus, une grande épopée

On ne parlera pas d’historique des processus car ils ont existé de facto dès lors que la première activité, sensée, a été exercée. On parlera plutôt de l’historique de la discipline ‘scientifique’ ou ‘technique’ chargée d’étudier les processus.

  • Début du 20ème siècle : apparition du principe d’efficience (rapport résultat/moyens) des moyens de production en plus du principe d’efficacité (la production du résultat), suivie des premières théories de management visant à optimiser la division du travail par une définition précise des tâches.
  • Années 30 : apparition des approches dites ‘processus’ avec l’apparition des tentatives d’optimisation dynamique (vs optimisation statique ou de moyens), dont une des plus anciennes est le ‘juste à temps’ ou JAT de Toyota (1935) ayant pour but la réduction des stocks pour augmenter la performance économique de l’entreprise.
  • Fin des années 40 : apparition du concept de CWQM (Company Wide Quality Management) qui généralise le pilotage par la qualité sur l’ensemble des processus de l’entreprise et non exclusivement sur ceux dédiés à la production et aux clients.
  • Milieu des années 60 : introduction de la vision financière des processus par l’imposition d’objectifs et de leur suivi.
  • Début des années 90 :
    • théorie de réorganisation des processus autour des activités dont le résultat présente une valeur pour les clients. Ces résultats sont mitigés.
    • apparition des normes ISO 9000 et de l’approche processus qui traite de la gestion de la qualité dans les organisations. Initialement appliquée aux processus de production, elle est généralisée à tous les processus à partir de sa version apparue en 2000.

Processus métiers et systèmes d’information

Le SI consommateur d’outils d’analyse

Très tôt dans les domaines de développement et conception des applications informatiques (début des années 60), des méthodes sont adoptées pour apporter de la rigueur et surtout améliorer le dialogue avec les utilisateurs dans l’expression de leurs besoins (Corig, Minos, Idef, JSD, …). Les éléments produits à l’aide de ces méthodes, dont les processus, constituent un guide pour l’analyse et la représentation du futur système d’information.

Processus métiers, partie intégrante de la description d’un système d’information

Le système d’information, particulièrement dans une perspective d’urbanisation, présente deux aspects : d’un côté celui de ses processus et acteurs, de l’autre celui de ses fonctions logiques et entités informationnelles.

C’est l’identification des processus qui oriente la construction de l’architecture d’un système d’information en trois facettes interdépendantes : l’architecture métier, l’architecture fonctionnelle et l’architecture informatique.

Le processus est également au centre de la mise en œuvre de certains outils logiciels, notamment les progiciels intégrés et les outils de gestion de workflow.

Ci-dessous la représentation du SI d’une organisation selon la vision des 4 couches de l’urbanisation + la couche stratégie, ainsi que les livrables de chaque couche. La couche supérieure (entourée en rouge) est constituée, entre autres, de la description des processus métiers de l’entreprise.

Représentation des processus métier

La modélisation

La représentation d’un processus se fait en rédigeant un modèle selon une notation plus ou moins formelle. Les méthodes et formalismes adoptés se sont imposés au gré de la démocratisation de l’utilisation des processus, et le terme ‘modélisation’ ou création d’un ‘modèle’ sera adopté pour exprimer la représentation d’un processus selon un formalisme spécifique.

On peut dire que modéliser, c’est :

  • dessiner ce que l’on a compris d’un problème dans une syntaxe graphique non ambigüe connue par tous les membres de l’équipe.
  • ou encore, communiquer et échanger des points de vue, favoriser le dialogue.

Les standards (formalismes) de la modélisation des processus métiers

Les composantes de la modélisation qui sont ‘échange’ et ‘représentation’ ont conduit à définir des langages communs, ou notations communes, qui deviendront des standards.

Les principales méthodes ou langages retenues en raison de leur diffusion, ouverture, et officialisation sont :

  • IDEF : retenu en 1993 par les États-Unis comme standard fédéral de modélisation pour le développement de systèmes d’information.
  • OSSAD (Office Support System Analysis and Design) : projet européen développé par une équipe pluridisciplinaire et multinationale qui avait pour mission de réaliser une méthode d’analyse de système bureautique.
  • MERISE : ici les niveaux organisationnels et conceptuels sont intéressants.
  • UML (Unified Modeling Language) : devenu une référence lorsqu’il a été retenu par un groupement public, l’Object Management Group (OMG) en 1997, il est actuellement à la version 2.2. Ce langage de modélisation est le plus largement utilisé pour décrire les systèmes d’information.
  • BPMN (Business Process Model and Notation) : orienté activité et en partie inspiré d’UML, il est adopté par l’OMG en 2005. Il a été pensé et conçu dès l’origine pour décrire des processus complexes que ce soit en interne (au sein d’une organisation) ou de manière publique (organisations diverses).

A suivre …

Dans le prochain article, nous verrons comment identifier les processus métier auxquels il faut s’intéresser, quels processus modéliser en priorité et selon quels niveaux de détail.

3 réflexions au sujet de « Processus métiers en entreprise : introduction et notions »

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  • 24 décembre 2015 à 13 h 07 min
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  • 9 février 2016 à 13 h 21 min
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    La representation de Processus Métier ne nécessite pas de faire appel à la notion d’acteurs, ni à celle de ressources car un Processus Métier défini uniquement « Ce qui doit être fait » (indépendamment de qui le fait et de la manière de le faire). De ce point de vue, seul le Modèle Abstrait d’OSSAD est particulièrement bien adapté pour décrire des Processus Métier … les autres normes (et en particulier BPMN) sont plus orientées Procédure que Processus.
    Cf « 7 règles d’or pour décrire des Processus Métier : http://bit.ly/1TlJyXb
    Et « 7 idée reçues à propos des Processus Métier : http://bit.ly/1nq7DiQ

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