My Internet is rich

Quelles véritables différences entre un site internet il y a 5 ans et maintenant ? Finalement peu d’un point de vue fonctionnel, mais beaucoup d’un point de vue expérience utilisateur !

Portée par une combinaison de fantastiques évolutions au niveau des réseaux, des capacités machines et des capacités du navigateur, le web qui ne proposait que l’affichage de contenus relativement pauvres (texte et images) est devenu une merveilleuse plateforme de développement de services riches.

Aujourd’hui le web en est au 2.0 voir pour certains au 3.0. Au bureau (poste de travail, le mobile), à la maison (TV, consoles, netbook, tablettes,…), dans les transports (les smartphones, les web embarqués dans les véhicules,…) de nouveaux terminaux émergent et s’imposent. Les pratiques grand-public viennent bouleverser les référentiels et les pratiques dans le monde de l’entreprise.

Retour sur cette histoire, état des lieux et perspectives…

La minute WikipéRia

L’internet et les navigateurs sont aux centres de toutes les attentions pour développer les interfaces des besoins et des usages de demain. Aussi il est courant aujourd’hui de parler de RIA, RDA, RMA et de RIG. Tous ces concepts ont une réalité, comment les comprendre, pour apporter les solutions de demain aux entreprises et aux utilisateurs.

L’ « internet Riche » ou l’idée de proposer aux utilisateurs de nouvelles d’interfaces, plus ergonomiques et plus intuitives, de créer les nouveaux besoins et de proposer des usages de plus en plus proches des métiers sur internet. L’Internet Riche s’est construit au fur et à mesure des évolutions techniques des langages et des frameworks mais aussi à travers une volonté commune des agences graphiques de proposer un art appliqué aux métiers et la création sur Internet.

La déclinaison de l’internet Riche se représente sur différentes plateformes pour lesquelles des services sont réalisés : sur le navigateur Internet on retrouve les RIA, sur les postes de travail on trouve les RDA et sur les mobiles les RMA.

On peut reprendre une origine au concept de ‘Rich Client’ ou ‘Rich Internet Applications’ par Macromedia en 2002 dans un White Paper.

RIA, est une application web dont les fonctionnalités et les comportements sont proches d’une application de bureau mais qui est portée par le navigateur web à travers des plug-ins, des sandboxes voir des machines virtuelles. Généralement les principales plateformes utilisées sur les navigateurs sont : Adobe Flash, Flex, Java et Silverlight.

(Présence et répartition des RIA entre Avril et Septembre 2010 : Sources www.statowl.com)

Aujourd’hui de plus en plus de nouveaux standards web émergent, portés par différentes sociétés ou communautés afin d’améliorer l’expérience utilisateur et de décupler les possibilités des applications afin de répondre à des besoins nouveaux ou pour faire évoluer les besoins. Aujourd’hui il est difficile de déterminer si les solutions répondent aux besoins ou si les solutions font évoluer les besoins et par-delà les métiers et les usages.

(List of RIA frameworks)

L’utilisation d’une solution RIA nécessite généralement l’installation d’un logiciel sur le poste utilisateur pour assurer l’exécution et la mise à jour du RIA. La principale différence entre les frameworks RIA est le contenu et la capacité des librairies Javascript embarquées permettant la réalisation de certaines fonctionnalités et de certains comportements, animations, etc.

Les navigateurs eux-mêmes proposent une autre alternative aux RIA, en faisant évoluer les standards web (ex : Les navigateurs WebKit). L’avancée de HTML 5 et l’intégration des routines OpenGL apportent nativement des possibilités de proposer des solutions riches.

Ce qu’apporte la RIA, ce sont des usages, des façons de concevoir les pages afin d’offrir de nouvelles possibilités aux utilisateurs. Au-delà de l’aspect ‘rich media’ qui permet l’utilisation simplifiée des videos et des audios c’est optimiser le traitement de la page : un changement partiel de la page lors du traitement d’un évènement (un bouton, un lien). Le RIA c’est aussi la possibilité de disposer des boîtes mail en ligne (Gmail, Live). Les technologies utilisées ont permis une adaptation simple des utilisateurs car les comportements que l’on retrouve sont proches d’une application classique.

Les variations du concept RIA

Les RDA pour Rich Desktop Application, apportent une ouverture au RIA en proposant de déporter l’utilisation de l’internet sur le bureau de son poste de travail. L’intégration avec le système d’exploitation est meilleure, de nouvelles fonctionnalités sont disponibles en s’affranchissant du navigateur, ou encore l’application peut fonctionner même déconnectée.

On retrouve l’utilisation de la RDA sur les widgets desktops, ou Google Desktop…

En termes de technologie, on va retrouver des solutions comme AIR (Adobe Integrated RunTime), WPF (Windows Presentation Foundation), ou XUL de Mozilla basée sur l’environnement d’exécution XulRunner, (Joost en est le parfait exemple).

RMA pour Rich Mobile Application, un concept initié par RIM pour le BlackBerry, mais c’est bien Apple qui marque un grand coup avec l’arrivée de l’iPhone et de l’AppStore. Aujourd’hui on voit émerger des solutions concurrentes comme Google avec Androïd et Microsoft avec Windows Phone 7.

Si ces solutions ont permis de déporter les usages et les métiers au plus proche des utilisateurs et de permettre à chacun de continuer son activité quel que soit le support utilisé, l’objectif est de proposer des services de plus en plus évolués et adaptés aux innovations technologiques.

Proposer de prolonger une base de connaissance, une gestion documentaire ou une activité commerciale sur son poste de travail en mode déconnecté ou sur son mobile, ce sont des exemples de RIA possible avec les solutions existantes et émergentes.

Là où la RIA montre une toute autre approche de l’innovation et de la capacité des navigateurs web, RIG est ce qu’il se faite de plus spectaculaire en terme de démonstration des possibilités offertes par cette technologie.

RIG pour Rich Internet Games, un dernier concept qui profite des capacités de calcul des GPU et des avancées des applications RIA pour proposer des jeux en ligne à fort impact sur les plateformes sociales.

Deux écoles s’opposent dans la course aux jeux en ligne porté sur les navigateurs et sur les supports mobiles, les RIA embarquant un plugin et les technologies autour de flash, Silverlight et HTML5.

Moteur RIG de Unity

En terme de solution RIA ou trouve une société Unity qui propose un plugin et une plateforme de développement 3D pour la réalisation des jeux. Fort de son partenariat avec Electronics Art, ce moteur graphique va permettre d’améliorer les développements des jeux sur les supports (PC, Mac, consoles, iPhone/iPad, Android…). Les jeux intégrant déjà cette solution sont déjà nombreux : Tiger Woods PGA Tour Online (web browsers), BootCamp (web browsers), Max and the Magic Marker (PC,Apple,Wii), Monster Trucks Nitro (PC/MAC), Batman Streets of Gotham: Full Throttle (Web browsers),…

RIA Golf game.

TW PGA online : vue écran de gestion de profil joueur
(On remarque en bas à gauche l’insertion de publicité ciblée à la mode Google)
 

TW PGA online : vue de la page de jeu.

Aujourd’hui cette solution RIA semble être l’une des plus avancées en terme de réalisation graphique. En revanche, l’incapacité d’exploiter pleinement les GPU ne permet pas encore à Unity de concurrencer les jeux vidéo sur Desktop et console classique. En revanche, sur les supports mobiles, tablettes et surtout iPhone/iPad, Androïd, cette technologie offre des perspectives très intéressantes. Leurs utilisations sur les navigateurs web offrent aussi une souplesse d’utilisation qui permet de capter une cible plus large de joueurs ‘occasionnels’ que les traditionnels pros gamers.

Si Unity propose une RIA très portée sur le support mobile, elle doit progresser sur le poste de travail pour se mettre à l’abri des solutions concurrentes WebGL, des autres solutions propriétaires existantes (Quakelike, InstantAction) et des solutions portées sur HTML 5 comme Aves Engine de Zynga.

Côté Microsoft, le retard pris par le navigateur Internet Explorer est en train de disparaitre avec l’arrivée d’IE9. La sortie de la béta est marquée pour une meilleure prise en charge d’HTML5 et du CSS3. La volonté de Microsoft va au-delà du simple navigateur, avec une présentation d’IE9 accompagnée d’un site expérimental Never Mind the Bullets (de l’agence française Steaw Web Design) et la présentation de Test Drive, l’objectif est clairement marqué pour montrer l’ambition de gros investissements pour faire évoluer le moteur de rendu.

Extrait de Never Mind the Bullets de Steaw Web Design

Moteur Flash

Les solutions ou les jeux flash sont courants sur le web et notamment les jeux 2D ou de plateforme assez simples de conception. On trouve aujourd’hui pour des jeux plus élaborés ses solutions basées sur Flash et qui s’enrichissent de librairies spécifiques comme Papervision3D pour proposer des projets comme OGCOpen


Page jeu d’OGCOpen avec Papervision3D
.

Moteur WebGL

WebGL est une spécification 3D multiplateforme, pour le Web standard basée sur OpenGL ES 2.0 et exposé à travers le HTML5.

WebGL met la 3D sans plugin sur le web dans le navigateur. Principaux fournisseurs de navigateur d’Apple (Safari), Google (Chrome), Mozilla (Firefox) et Opera (Opera) sont membres du Groupe de travail WebGL. Reste que Microsoft n’a toujours pas adopté l’intégration des spécifications WebGL dans son navigateur.

Moteur RIG Quakelike

L’une des premières réalisations de RIG en 2009 proposée par IDSoftware pour porter sur le navigateur (sauf chrome) un jeu FPS (First Person Shooter) multi-joueurs. Au-delà de la prouesse technologique, il est difficile de connaitre le nombre d’inscrits, mais cette solution permet de réaliser facilement les tournois et compétitions pro gaming régulièrement.

Silverlight & HTML5

L’éditeur de MMO BigPoint (RuneScape ouDarkOrbit) propose un nouveau jeu massivement multijoueur WarStory réalise en SilverLight, WarStory

Par l’arrivée de IE9, il faut s’attendre à un nombre plus important des solutions RIA ou RIG basées sur les technologies Microsoft. Un objectif non avoué de la firme de Seattle serait de proposer des solutions ‘cross platform’ (PC/Console/Mobile) portées par le navigateur qui reste le réceptacle commun des différents supports tout en se préservant des contraintes matérielles embarquées.

Globalement chacun de ces jeux à forte notoriété peut atteindre les millions de joueurs. Et lorsqu’ils s’exposent avec des plateformes sociales type Facebook ou Twitter, on imagine très bien l’impact et l’importance de ces jeux de nouvelle génération via des millions d’inscrits et de potentielles cibles marketing.

Régulièrement les jeux RMA portés sur AppleStore ou AndroïdStore se chiffrent en millions de téléchargement, au-delà de l’argent récolté par la vente directe, c’est tout le dispositif marketing embarqué dans le jeu ou l’application qui sera visualisé par l’utilisateur.

Organisation projet RIA

Techniquement, de la traditionnelle organisation projet ou l’on trouve l’architecture de conception pour la modélisation des données, des objets, des bus, les technologies RIA, apportent une nouvelle dimension à l’interface et aux services pour voir apparaitre des profils d’architecte RIA/RDA/REA (Rich Enterprise Application). Les profils de développement de projet RIA devront apprivoiser les nouveaux frameworks et librairies au-delà des langages traditionnels. En termes de création graphique et design, il semble que les profils et les métiers des agences web soient déjà dans les exigences RIA notamment grâce à l’engouement et les opportunités d’iPhone/iPad.

Les solutions RIA profitent de la plateforme web pour intégrer et modifier facilement la publicité, bien plus efficace que sur les jeux et les logiciels classiques.

On trouve un système de création de comptes plus ou moins complets, des systèmes d’abonnements gratuits ou légers entre 1 à 5 euros par mois permettant de bénéficier de fonctions, de cartes ou d’options supplémentaires.

En terme marketing les solutions RIA proposent des dispositifs publicitaires innovants et dynamiques :

Push ‘in game’: proposer des espaces d’affiches publicitaires durant le parcours utilisateur en sur exposition ou en incrustation. Ces publicités seront ciblées car le profil utilisateur est souvent connu. (ex : TGPGA Online présente le magazine GolfDigest en abonnement en ligne ; YouTube propose la vente de single ou d’album en cours de lecture d’une vidéo)

Push ‘in mailing list’: le dispositif classique d’envoi de mail aux utilisateurs et très souvent la revente de liste de comptes.

Compte tenu de la facilité d’intégrer des solutions RIA sur les portails à forte fréquentation, les enjeux économiques autour des solutions sont de plus en plus importants. Tous les acteurs de la Net économie s’intéressent au devenir des solutions RIA pour investir sur le ou les futurs gagnants de cette course à l’innovation.

Quelques chiffres extraits du journal du Net

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