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Mix-IT 2015 : Le pourquoi du pourquoi de l’agilité

Lyon, le 15 et 16 Avril 2015. Viseo a participé à la cinquième édition de Mix-IT dédiée comme chaque année à l’agilité, l’écosystème Java, et les innovations IT Web ou mobile.

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Cet événement a été l’occasion de participer à des ateliers et conférences portant sur les méthodes de gestion de projet agile mais aussi sur le développement web et mobile.

 

À travers cet article, je vais vous faire revivre une partie de ces deux jours intenses sur mon thème de conférences prédominant : l’Agilité.

Le pourquoi du pourquoi de l’agilité

Mr. Cédric Bodin nous a plongé au cœur de l’agilité en présentant des éléments historiques, culturels, anthropologiques mais aussi psychologiques afin de contextualiser notre situation dans le monde de l’entreprise, et notamment dans l’I.T.  Il a défini l’agilité comme une potentielle solution pour contrer des projets qui échouent, des individus désengagés ainsi que des organisations dysfonctionnelles.
Cette présentation est la synthèse de cinq conférences représentant chacune des axes de réflexion sur l’agilité  :

Historique : La place de l’agilité et des hommes dans les projets (Cédric Pourbaix)

Avant, c’est par l’excellence technique que les projets étaient menés à leur terme, permettant une part d’improvisation et de découverte au fur et à mesure du projet

Au 19ème siècle la révolution industrielle a du faire face à la nécessité de produire plus vite (passage en mode usine), moins de temps alloué à la formation des équipes. Pour répondre à ces problèmes, Frederick Winslow Taylor présenta sa forme d’organisation scientifique du travail : Le Taylorisme.

La vision de Taylor a fait en sorte que les projets prennent une dimension plus verticale en séparant la conception, la formation et l’exécution. À ce moment de l’Histoire, un projet équivaut à un cahier des charges. La vision de Taylor est aux antipodes de ce que l’on voit aujourd’hui dans le monde de l’informatique : le développeur apporte de la valeur en concevant des services, pas en les produisant. Le développeur ne peut être considéré comme un maçon car la compilation d’un programme (que Feredick compare à la maçonnerie) possède une durée insignifiante dans la tâche d’un développeur. Aujourd’hui, la gestion de projet informatique agiles est par définition anti-Tayloriste. Il n’y a pas de « one best way » pour mener les projets informatiques à bien.

Culturelle : 40 ans de crises, 10 ans d’agilité : et maintenant ? (Laurent Bossavit)

En agilité, on ne se concentre pas seulement sur les aspects formalistes/formels/formalisables (i.e. mathématiques) du génie logiciel.

Cette partie est une comparaison du génie logiciel et l’agilité. Le génie logiciel est une promesse de contrôle : on contrôle les choses, on veut savoir ce que l’on fait dans les moindres détails. A l’inverse, l’agilité se situe dans une philosophie de réactivité et de lâcher prise. Cela permet d’exploiter le talent, la valeur humaine et la créativité du collectif.

Anthropologique : Anthropologie de l’Agile (Christian Fauré)

Nous ne sommes plus dans une ère Darwinienne mais post-Darwinienne : Nous sommes sélectionnés par ce que nous produisons comme artefacts techniques. (Bertrand Gille)

L’évolution du comportement des consommateurs va trop vite maintenant et nous passons d’une démarche d’adoption par le marché au phénomène d’adaptation au marché. Nous somme dans une ère d’innovation constante où la capacité de réajustement des systèmes sociaux par rapport aux systèmes techniques devient critique . Tout circule très vite aujourd’hui : télévision, radio, réseaux sociaux.

Pour s’adapter au marketing stratégique et à son besoin de réactivité indispensable, l’Homme a conçu les méthodes agiles. Anthropologiquement, on constate un phénomène de prolétarisation de notre société. Les exécutants perdent la connaissance, le savoir de leurs métiers en cours de route. Or, ici, la sphère de l’agilité encourage une disparition de la frontière entre théoriciens (ceux qui conçoivent) et praticiens (ceux qui produisent). Les développeurs sont garants de la conception ainsi que la réalisation.

Re-anthropologique : La horde agile (Pablo Pernot)

Les cousins Néanderthal, que l’on ne croise plus guère ces temps-ci, n’ont jamais compris cette leçon. Leur horde est fragile. Ils ne remettent rien en cause, ni hiérarchie, ni façon de faire. Ils ne comprennent pas. Ils ont du se faire dévorer par ces nouveaux prédateurs.

Le mouvement de la pensée agile vient du monde informatique et la place du code y est prépondérante. Cependant la culture agile dépasse de beaucoup la manipulation du code car cette culture peut s’appliquer à tous les domaines. La horde agile surgit au cours d’une discussion de café avec les copains, comme un véhicule pour expliquer que l’agile c’est une culture et un savoir-être axée sur 3 concepts:

La taille des groupes : une étude sur le niveau de satisfaction en fonction de la taille des groupes, où l’on voit qu’il y a deux pics de satisfaction notables : à 7 et 50 personnes. La taille moyenne des équipes agiles est a 7 +/- 2

Le verbal overshadowing : le dessin est le meilleur vecteur de transmission du savoir qui est bien plus efficace que le traditionnel cahier des charges du fait que mettre un mot sur une réalité ou sur un concept c’est déjà tordre le message d’une certaine manière, ainsi verbaliser une idée peut en faire perdre sa notion.

L’hétérogène et le collaboratif : la constitution de cette horde se décompose en groupes de taille restreinte avec des profils complémentaires et collaboratifs, ayant un but commun et des moyens de communication adaptés.

Psychologique : Embracing uncertainty (Dan North)

La peur mène au risque. Le risque mène au process. Le process mène à la haine.

Aujourd’hui, nous optimisons les méthodes agiles pour obtenir de la certitude mais ce n’est pas une bonne idée. Dan North nous explique qu’il faut mettre l’accent sur la découverte plutôt que sur la répétabilité. Ne pas chercher à tout prix à réutiliser certains composants déjà faits ou certains patterns qu’on a l’habitude d’utiliser, mais plutôt profiter du fait qu’il y ait de nombreuses façons de bien faire les choses pour gagner en maturité, en connaissance et en simplicité. Mais tout ce processus n’est pas naturel. Il faut changer les mentalités dans l’éducation. L’incertitude est une bonne chose, embrassons-la.

Pour conclure, toutes les notions citées auparavant nous offrent des éléments de réflexion sur l’agilité selon divers aspects et contextes, cela nous montre aussi que l’être humain n’a pas arrêté d’innover et d’optimiser ses méthodes de travail.
Au-delà de l’agilité, on a vu apparaître de nouvelles manières de travailler dans l’industrie des logiciels : on peut citer par exemple le Lean Software Development et le Kanban, deux approches qui proviennent du monde de l’industrie automobile et qui se sont adaptées à l’industrie des logiciels dans la mouvance de l’informatique agile. Pour les plus curieux d’entre vous j’ai réalisé un article sur la conférence de Mr. Romain Couturier intitulée : Kanban pour tous.

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