L’essentiel de la première journée de l’USI 2010

L’Université du SI se déroule sur 2 jours les jeudi 1er et vendredi 2 juillet. J’ai la chance d’y représenter Novédia et je vais partager avec vous la première journée de l’intérieur.

L’organisation

Contrôle d’identité à l’entrée par une hôtesse équipée d’un iPad, retrait du sac du participant, dépôt au vestiaire, puis passage dans le hall pour un petit déjeuner. 15 minutes après le démarrage de la keynote de Chris Anderson, on nous fait le coup de la panne (10 bonnes minutes sans électricité, meublées par une séances de questions / réponses).

Les sessions s’enchaînent, un buffet pour la pause de midi d’une durée d’1h30 avec accès extérieur, suffisant pour se restaurer et discuter. N’oublions pas les postes avec accès Internet, la possibilité de recharger son téléphone, un écran reprenant l’actualité de l’USI via les réactions sur Twitter.

L’après-midi reprend avec une keynote. Les enchaînements rapides du matin, conséquence du retard pris suite à la panne, laissent place à des transitions entre sessions plus calmes, ponctuées par la keynote de Leo Apotheker.

Puis les participants se sont vus offerts une soirée de dégustation de vin.

Mon top 3

  • Keynote « Let I.T. be » d’Yves Morieux du Boston Consulting Group
  • Les explorateurs de l’innovation, par Xavier Boileau (Generali)
  • Keynote de Chris Anderson (Magazine Wired)

Les différentes sessions en concentré

Pour chaque session suivie, en complément de mes réactions à chaud sur Twitter, je vous propose une idée forte perçue ainsi qu’un petit résumé.

Keynote de Chris Anderson (Magazine Wired)

Une idée forte : « give (the enterprise) us freedom, don’t stop us to find/explore new solutions to do our job »

Chris Anderson, auteur du livre « The Long Tail: Why the Future of Business Is Selling Less of More », nous explique en analysant la ressource qu’est l’électricité , que l’IT a la chance de disposer aujourd’hui de 3 ressources en abondance : la bande passante, le stockage, et la capacité de calcul. La baisse de leur coût va de paire avec l’augmentation de leur utilisation. Il cite notamment l’annonce en 2007 par Yahoo de la mise à disposition de ses utilisateurs d’un quota illimité pour les mails.

Il en vient à opposer la rareté (scarcity) à l’abondance, en illustrant par des oppositions telles :

  • Supermarché vs. Amazon
  • Top down vs. Bottom up
  • Command & Control vs. Out of Control

Sa réflexion aboutit au constat de limitations/restrictions dans les entreprises allant au détriment des attentes des salariés, pouvant aller jusqu’à brider la performance de ces derniers.

Désordinateurs : quand la fonction des technologies consiste à rebattre les cartes, par Daniel Kaplan (Fondation pour l’Internet de Nouvelle Génération)

Une idée forte : L’un des enjeux de l’internet de demain est la mise en visibilité de ce qu’on ne savait pas voir avant.

Daniel Kaplan dresse le constat d’une informatique limitante pour les entreprises en citant des grands noms : « obstacle à l’innovation » (Jean-Pierre Corriou) ou encore « symbole du côté poussiéreux de l’entreprise » (Philippe Lemoine). Il nous rappelle que depuis le début, l’informatique a deux histoires parallèles : celle sous l’angle positif de l’optimisation (simplification), et celle sous l’angle parfois négatif de la transformation/adaptation.

Il nous propose un monde résultant du mariage du physique et du numérique, faisant éclore de nouveaux objets et des applications pertinente d’un point de vue social mais sujettes à conflit d’intérêt (partage d’information vs. Surveillance), tel l’exemple de la « montre verte » (mesure de l’air et de la pollution sonore).

Les explorateurs de l’innovation, par Xavier Boileau (Generali)

Une idée forte : L’innovation est l’affaire de tous (Marketing, Métier, DSI) et nécessite qu’on libère du temps aux personnes volontaires pour y travailler.

Après avoir rappelé les enjeux de l’innovation, Xavier Boileau a présenté les démarches menées chez Generali qui a notamment suivi une approche Top Down en lançant sur des thématiques (territoires) des similis de Startups internes constituées de personnes (explorateurs) de tout bord volontaires et auxquels du temps a été mis à disposition pour participer au processus d’innovation. Il a notamment expliqué que l’innovation reposait sur un état d’esprit, qu’il était primordial d’être prêt à accepter les échecs et erreurs, et que chez Generali la récompense pour les acteurs de l’innovation était la reconnaissance par les pairs (présentation à la Direction Générale d’un projet issu du processus d’innovation).

Jardinage et innovation : comment cultiver son potentiel ? Par Yves Casseau (Bouygues Télécom)

Une idée forte : L’innovation va de paire avec le Lean et l’Entreprise 2.0

L’originalité de la présentation réside dans la mise à disposition d’une référence bibliographique sur chaque idée/slide. Parmi les idées véhiculées : innover c’est adapter, le taylorisme s’arrête à la communication, ne pas négliger les « liens faibles » et participer (mais aussi partager) au delà de ce qui est interne à l’entreprise.

Let I.T. be, par Yves Morieux (Boston Consulting Group)

Une idée forte : Si on réduisait tous les projets à 9 mois, les gens seraient davantage impliqués car contraints d’assumer leurs actes.

Je ne résumerai pas la session, comme je l’ai dit à chaud sur Twitter : « Let I.T. Be par Yves Morieux #usi2010 un must see. Grande prestation et maîtrise pour expliquer des choses de façon simple. ». Il ne vous reste plus qu’à attendre patiemment la mise à disposition de la vidéo.

Le Lean ou le management par la résolution de problèmes, par Michael Ballé (ENST)

Une idée forte : Faire les bonnes choses avant de faire les choses bien.

Michael Ballé a commencé par nous sensibiliser sur la différence entre le système de production de Toyota et le TPS (Toyota Production System). Puis, il a rappelé un certain nombre de principes Lean pour l’apprentissage (Kaizen, Kaikaku) et à insister sur le fait que la mise en place d’un principe Lean comme le Kaizen nécessite une rupture destinée à placer le Kaizen avant le travail quotidien. Selon lui, le succès repose sur la vision du produit et la somme des compétences individuelles, et non sur les processus.

La société numérique, l’économie de la contribution : l’ère postconsumériste, par Bernard Stiegler (Philosophe, Centre Georges-Pompidou)

Une idée forte : Les entrepreneurs et investisseurs d’antan se sont transformés en managers et spéculateurs. Toute la société est en train de se désinvestir.

Le philosophe analyse la société actuelle qu’il qualifie de société de l’obsolescence (en référence aux cycles courts de vie des produits) qui produit des déchets toxiques. Il illustre la société de consommation par le résultat d’un sondage de 2004 lors duquel 54% des personnes interrogées affirmaient que ce qu’il y avait à la télévision était nul mais qu’elles la regardait néanmoins : un vrai discours de toxicomane. Bernard Stiegler, après avoir lourdement insisté sur le désinvestissement de la société, nous explique, en citant l’exemple de Wikipédia et décrivant certains sujets sur lesquels il travaille, qu’une nouvelle révolution industrielle est à venir.

Collaboratif, Réseaux Sociaux, 2.0 : on y va, on y va pas ? Laetitia Riveron (OCTO Technology) et Sara Lucet (SL & Partners)

Une idée forte : Choisir l’information et non la subir

Après avoir rappelé les statistiques des principaux réseaux / outils sociaux grand public, quelques facteurs clé de succès ont été présentés (notamment « Oser faire confiance ») et les outils et pratiques d’OCTO Technology ont été mentionnés. Après un slide matérialisant un panel d’outils du marché destinés aux entreprises, il nous a été expliqué que l’outil ne suffit pas et qu’il fallait chercher à définir la valeur métier attendue. Pas mal de bon sens : commencer petit, voir grand ; s’appuyer sur les « champions » et impliquer le management. Pour finir, le public a également été sensibilisé sur les risques en cas d’usage détourné des outils collaboratifs (discussions de type remise en question de la stratégie de l’entreprise).

La stratégie des tribus chez les Geeks : recruter, conserver, et développer les talents. Nicolas Martignole (Indépendant)

Une idée forte : Pour conserver ses talents, il faut permettre le partage dans et en dehors de l’entreprise.

Difficile de résumer une session dont j’ai pu suivre l’élaboration, comme bon nombre de personnes de la communauté Java, tout au long des derniers mois. Nicolas a présenté son parcours et son épanouissement en tant que Geek. Il a présenté les résultats des différents sondages menés auprès des Geeks et recruteurs pour en arriver à sensibiliser ces derniers sur les attentes des passionnés du développement informatique, soulignant certaines initiatives d’entreprises alignées avec ces attentes.

Building the Next Generation of Technical Leaders, par Patrick Kua (ThoughtWorks)

Une idée forte : The unspoken truth about managing geeks

Patrick a expliqué qu’actuellement les regards sont encore trop tournés vers les outils, les processus et les technologies, et pas assez vers les hommes. Or le succès ou l’échec de projets dépend également fortement des personnes qui le mènent. Le leader technique est-il un « super dévéloppeur » ? Pas du tout, et le speaker l’illustre en opposant les attentes qu’on peut avoir de chacune de ces populations (et en mentionnant certains comportements de « mauvais » leaders techniques). On peut notamment attendre du leader technique d’être l’acteur de la résolution de conflits, de contribuer au développement des talents, et de porter une vision auprès des équipes.

Keynote de Leo Apotheker (ex. SAP)

Une idée forte : Nous allons passer de l’informatique à l’information

Leo Apotheker partage avec l’assemblée sa vision de l’avenir : une révolution initiée par le hardware (ex. mémoires vives d’1To, processeurs plus rapides et moins consommateurs, etc.) permettant l’émergence de bases de données temps réel. Il nous a expliqué que le backoffice étant désormais automatisé grâce aux solutions de type ERP, le challenge à venir sera dans la communication inter-entreprise : joindre des processus et données non structurées dans une collaboration inspirée des réseaux sociaux. Il considère d’ailleurs que l’émergences de futurs systèmes temps réel, qui nécessiteront de fait 40% de code en moins par rapport aux systèmes existants (suppression de tiers comme la persistance et de problématiques comme la mise en cache), qui générerons beaucoup de challenges et de réécriture de SI.

Il envisage également l’éventualité d’une disparition dans une dizaine d’années des sociétés de Software, ce dernier étant amené à devenir une composante essentielle des entreprises.

D’autres retours de participants ou compte-rendu

Liste complétée au fil du temps :

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