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L’art d’avoir tort #ScrumDayFr 2013


Jeudi 11 avril avait lieu le ScrumDay 2013, sponsorisé pour la 1e fois par Objet Direct.

J’ai participé à l’atelier de Laurent Bossavit sur « L’art d’avoir tort ».

Le concept me paraissait plutôt flou, mais le pitch de l’atelier m’a décidé à y participer : 

Vous détestez avoir tort? Vous n’êtes pas seul, c’est une sensation horrible!

Effectivement je déteste avoir tort :-)

Pensée probabiliste

Avoir tort on déteste ça car il y a des enjeux interpersonnels : montrer que j’ai raison et que l’autre a tort.

Le 1e antidote que Laurent nous propose est d’arrêter de penser le monde en noir et blanc et voir les nuances de gris.

Pour cela nous avons fait un petit exercice :

  • Il faut répondre à 10 questions en indiquant une fourchette (limite basse – limite haute);
  • Pour chaque question il faut être certain à 90% environ que la bonne réponse se situe dans l’intervalle.

Exemples de question :

  • Quelle est l’année de naissance de Bram Stoker, auteur de Dracula ?
  • A combien d’années s’élève la demi-vie de l’isotope Plutonium 239 ?

Terrible  constat : j’ai 50% de bonnes réponses. Et personne n’a fait 90% (sur une vingtaine de personnes). La majorité se situe à 40%.

Calibration

La calibration est le rapport entre notre niveau de confiance et le résultat constaté : avec l’exercice précédent on peut voir que nous sommes mal calibrés !

Calibration : Confiance % – fausse réponses %

Philip Tetlock, auteur de Expert Political Judgment: How Good Is It? How Can We Know?, a entrepris une étude en enquêtant sur les avis de 284 experts en politique, économie et  géopolitique.  Il montre que les experts de ces domaines ne font pas mieux dans leurs prévisions qu’un singe lançant des fléchettes pour choisir les options (traduction littérale du livre).

Finalement on n’est pas si mauvais que ça :-)

Calibration + Résolution

2e exercice :

  • On a une liste d’affirmations;
  • Pour chacune d’elles nous devons indiquer son niveau de confiance (en-dessous de 50 %, on pense que c’est faux).

Exemples de question :

  • Le nombre d’utilisateurs de LinkIn est supérieur à la population du Brésil
  • Le Langage JavaScript a été mis à la disposition du public après 1994

Cette fois on évalue son niveau de confiance et son niveau de résolution :

Résolution : Confiance (vrai) % – Confiance (faux) %

Pour évaluer son niveau on a utilisé le score de Brier :

Plus on est sûr de notre réponse et que celle-ci est bonne, moins on a de point, et inversement si on a eu tort. En gros on est pénalisé sur notre excès de confiance. Le but est donc d’avoir le minimum de point.

Perso j’ai eu 310 au total, ce qui va me permettre par la suite de m’auto-évaluer et de voir si j’améliore mon score (ou pas) au fil du temps.

SuperGeek

Maintenant on a vu que « naturellement » on n’est pas très bon niveau calibrage, et on a vu le moyen de pouvoir s’entraîner et améliorer notre niveau.

Mais quel est le but de tout ça ? Devenir SuperGeek !

Le SuperGeek possède le pouvoir de prédire l’avenir… je sais c’est impressionnant !

Car dans notre quotidien d’informaticien, on nous demande souvent d’estimer quand est ce que l’on aura terminé nos tâches, et en nombres d’heures s’il vous plait 😉

Pour aller plus loin

Vous pouvez éprouver votre nouveau pouvoir sur ces 2 sites :

Conclusion

J’ai beaucoup aimé cet atelier, même si au début avec les questions du 1e exercice ce n’était pas simple.

Mais finalement… avoir tort, ça s’apprend :-)


six − = 2