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La Devoxx 2011 c’est fini ! (Part 2/2)

Voici la suite de nos aventures à la Devoxx 2011!

Hall des sponsors

Ça y est, les partenaires ont envahi tout le rez-de-chaussée qui abritait le petit déjeuner gargantuesque du premier jour. Il y aura donc moins à manger… mais à la clé moults goodies, concours et autres t-shirts aux couleurs des sponsors de l’évènement. Et je dois dire que nous sommes revenus chargés de cette journée ! (dont un superbe mug HTML5 du plus bel effet, photo!)

Quelques amusements... Mug HTML5 La librairie

Rangeons nos mugs, nos nouveaux vêtements trop voyant pour être vraiment portés… et entrons dans le vif du sujet :

University : « The Well-Grounded Java Developer – intro to Java 7 ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers : Martijn Verburg et Ben Evans)

La session débute sous de bons auspices avec deux speakers motivés mais avec cette impression de parler en mâchant un chewin-gum (un accent bien américain donc). Ça commence par une question à l’assemblée de javaistes, pour savoir lesquels utilisent Java 4, puis 5, puis 6 (de plus en plus de bras se lèvent!)… et enfin 7 – et là tous les bras retombent. En effet, depuis juillet dernier la nouvelle mouture de notre langage préféré est arrivée « dans les bacs », mais elle n’a pas encore été adoptée par la communauté.

Introduction to Java 7

Le premier tiers de la présentation est donc dédié au passage en revue des nouveautés « alléchantes » amenées avec Java7.

Nous avons des nouveautés côté langage, le Project Coin :

  • les nouveaux switch acceptant les string,
  • les try-with-resources avec fermeture automatique des ressources,
  • l’opérateur diamant <> qui allège l’utilisation des generics grâce à la déduction de type,
  • le multi-catch permettant d’éviter la duplication de code (et bytecode), ainsi qu’un rethrow plus précis (le compilateur analyse les exceptions possible dans un catch)
  • une nouvelle syntaxe pour l’écriture des nombres (séparation des milliers par des « _ »)

On ajoute à cela du côté des librairies :

  • NIO.2 : une amélioration de la gestion des entrées/sorties (simplifiée!) avec possibilités de lecture asynchrone
  • de nouvelles possibilités de réflexion (plus simple et optimisée) avec notamment la nouvelle instruction invokedynamic, sensée être aussi rapide que l’invocation statique classique en Java (il y aurait une amélioration de performance x10 pour les langages dynamiques tournant dans la JVM!)

et aussi :

  • un nouveau look&feel pour Swing (Nimbus)
  • JDBC amélioré
  • nouvelles classes Helper (nouvelle classe Objects)
  • meilleur support d’Unicode, et j’en passe…

Pour conclure ce chapitre, les speakers nous assurent que Java7 va nous aider à faire encore mieux notre métier. Les bonnes pratiques fusèrent durant la présentation, et nos orateurs insistent sur une statistique : une ligne de code couterait 32$ par an de maintenance ! Oui, tout de même!
Quelques morceaux de bravoure également dans cette présentation orientée « méthodologie » avec la mise en avant du côté social du développeur, voyez plutôt :

« Developers who communicate the best are the most influent on their projects. »

Polyglot and functional programming

Dans le monde Java, certaines âmes averties se posent ce genre de questions :

« Pourquoi le langage Java évolue-t-il si lentement ? »
Mais aussi :
« Pourquoi tant de langages de la JVM semblent beaucoup plus avancés que Java ? »

D’après nos deux compères américains, ces langages seraient tout simplement plus spécifiques que Java, souvent dédiés à répondre à des problématiques plus précises. Ils seraient comparables à des fenêtres sur l’avenir de Java. En quelque sorte des laboratoires desquels sortiront des nouveautés matures et non pas des changements par « effets de mode » polluant alors au fur et à mesure le langage.

« There are some features in Scala which everyone now regrets. »

Mais pourtant, parfois des nouveautés sont adoptées pour aider le programmeur, mais trahissent le plus souvent un problème de conception (exemple des nouveaux switch).
Il faut bien faire un peu de social aussi dans le monde de Java !

L’objet de cette partie est donc de nous sensibiliser à l’existence de plus de 200 autres langages fonctionnant dans la JVM :

  • les ré-implémentations de langages : JRuby, Jython,
  • ceux qui sont désigné comme des « Java-killers » : Fantom, Ceylon, Xtend, Scala
  • les dynamiques : Groovy, Rhino, Clojure,
  • les académiques : loke,  Steph…

Et on nous donne les clés du choix d’apprentissage d’un nouveau langage (simplicité, intégration avec IDE, employabilité, interopérabilité avec Java, tests…)

Vient ensuite le cas de la programmation fonctionnelle dans une approche centrée sur Java.
« Qu’aurions-nous besoin et que manque-t-il donc à ce sujet dans cette 7ème version de Java ? »
Avec de nombreux exemples à l’appui, on voit qu’effectivement, nous aimerions de temps à autre pouvoir passer des méthodes comme paramètres d’autres méthodes ! Les exemples des design patterns Map et Filter sont tout à fait éloquent (et je me rends alors compte, qu’en Flex/AS3 j’exploite justement beaucoup cette possibilité…)

Par chance nous apprenons que justement, Java 8 va nous apporter cette programmation fonctionnelle… en empruntant la syntaxe à celle de Scala ! La boucle est bouclée.

Modern Java Concurrency

Je dois avouer que le dernier chapitre sur la concurrence était quelque peu barbant pour terminer la matinée !

On nous a servi une fois de plus le discours sur la puissance des processeurs qui plafonne, sur la loi de Moore, et sur la nécessité qu’ont eu les fondeurs de puces de passer à du multicore… Le problème que cela pose donc : pour tirer profit de ce dernier retranchement devant la fin de l’amélioration de la puissance de nos machine, il faut que nos logiciels apprennent à gérer la concurrence.

Et le problème glisse donc tranquillement sur nos petites épaules de développeurs : NOUS allons devoir apprendre à gérer la concurrence !

Je ne détaillerai pas davantage la présentation qui fut une successions de nombreux exemples pratiques, pour s’achever sur la présentation de la nouvelle API Fork/Join de Java7 pour optimiser les calculs en tirant profit des machines multi-cœurs.

University : « The Groovy Ecosystem ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers :Andres Almiray)

Le speaker nous propose un tour d’horizon des projets Groovy les plus connus, et s’attarde notamment sur Grails, Griffon et Gradle.

Grails, le framework de développement rapide d’application Web basé sur Groovy.

Après les éloges de son très bon support par les IDE « communs » (comprenez Eclipse, Netbeans et IntellJ IDEA), nous avons droit au couplet sur sa facilité de mise en œuvre, son extensibilité avec plus de 600 plugins, etc…

Vient ensuite la partie croustillante de l’université : la démonstration !

Il s’agit donc, sans grande surprise, de la fabrication de toutes pièces d’une petite application CRUD. En quelque lignes de commande, on crée l’application, le modèle, les contrôleurs, les contraintes de validations pour les champs de notre interface, le multilinguisme avec la traduction française toute faite, etc… et tout cela codé en Groovy.

Le code est très succinct, car tout fonctionne sur base de templates, qu’on surchargera pour changer les comportements par défaut. Il est d’ailleurs aussi possible d’afficher le code final généré et de le modifier à loisir.

Griffon, le « penchant application lourde » de Grails.

On passe ensuite sur la rapide présentation de Griffon, et surtout la démonstration qui nous intéresse.

Une commande pour créer une structure d’application Swing, avec des modèles, contrôleurs et vues à adapter à nos besoins. Il semble que le langage soit particulièrement adapté à l’écriture d’interfaces Swing par sa clarté et sa puissance.

Gradle, un outil de build de nouvelle génération écrit en Groovy.

On nous le présente comme l’alternative attendue à Ant et Maven. A la fois puissant, puisque ses scripts sont écrits en Groovy, ce qui lui permet de profiter de ses nombreuses APIs. Il est aussi compatible avec ses concurrents, et peut par exemple utiliser les repositories et artefacts maven, tout en s’intégrant parait-il facilement dans les usines logicielles déjà en place.

Le produit est jeune cependant, et même si on nous promet que « l’essayer c’est l’adopter », cela fait un système de build de plus à apprendre à maitriser…
L’avenir nous dira si son adoption est réussie. A tester !

D’autres projets :

L’université se termine sur un passage en revue de différents autres projets de l’écosystème Groovy :

  • Gaelyk (pour le déploiement de nos applications Groovy dans le cloud)
  • Gant (pour faire de l’Ant en Groovy… sans xml!)
  • EasyB (pour faire de la BDD dans nos projets java)
  • Spock Framework (pour faire des tests unitaires et fonctionnels de manière plus intuitive et efficace)
  • Gpars (pour la concurrence)
  • Codenarc

Et voilà que s’achève une session à la fois intéressante et dense en informations, animée par un très bon speaker!

Tools in action : « Pimp your ALM, with task-based development ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers : Michael Hüttermann)

Nous avons droit à une présentation des différents outils de travail d’un développeur sur un projet agile « orienté taches ».

On fait une passe rapide sur l’IDE Eclipse et le plugin Mylyn permettant de visualiser les taches créées par le métier/la recette, et sur la manière dont les commits référencent les tickets.
Ensuite on se tourne vers l’intégration continue de l’outil Jenkins et son fonctionnement avec :

  • Jira (aidé du plugin Greenhopper) pour visualiser les tickets,
  • Fisheye pour afficher les différentes versions de code et les deltas par révision,
  • Artifactory comme repository de nos constructions,
  • et enfin Sonar pour visualiser les métriques concernant la qualité de notre code…

En conclusion, pas une seule nouveauté croustillante ni aucune information récoltée pour un développeur sous Eclipse avec un minimum d’expérience.

Tel un « pitch » pour son livre – dans lequel, j’espère, il aura plus de choses à dire – notre speaker s’efforça de survoler d’un peu trop haut, le sujet. En insistant évidemment sur son l’excellence de son livre au passage. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il avait vraiment envie de le vendre, son livre. J’ajouterais que la présentation était très courte, encore plus que le format prévu, pourtant de 30 minutes. Et finalement c’était peut être un moindre mal vu l’ennui engendré par ce « Tools in Action ».

Tools in action : « Jenkins: From Continuous Integration to Continuous Delivery ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers : John Smart)

Cette session aborde le problème du branching multiple de projet, et des problèmes du cycle de vie des branches tout au long d’un projet.

On commence par nous montrer les possibilité de Jenkins, notamment son intégration avec CloudBees pour le déploiement dans le cloud en cas de succès des constructions. Encore une fois Git est à l’honneur, avec sa simplicité d’utilisation et le merge de branches.
Idéalement dans le processus de livraison, nous devrions à un moment donné choisir les fonctionnalités (comprendre « branches » à pousser sur le « trunk ») pour confectionner le livrable.

Grâce à l’option de merge avant build de Jenkins, on peut construire la branche en validant son bon fonctionnement sur le trunk, avant de valider le build et s’assurer ainsi que notre branche est fiable avant de la pousser dans la livraison.

« Continuous Delivery is impossible without Continuous Quality ».

L’idée est de s’assurer constamment de la qualité de l’intégration à l’aide de Smoke Tests (on nous fait une démonstration avec thucydides dont je n’avais jamais entendu parler).

Jenkins, parmi sa panoplie d’outils, nous offre une vue synthétique de nos derniers builds, la Build Pipeline. Nous voyons immédiatement, par exemple, si un smoke test n’a pas fonctionné, stoppant ainsi le workflow de livraison. Nous avons aussi la possibilité de lancer des builds à partir de cette vue, pour par exemple pousser en production une (précédente) version spécifique.

Session de fin des 2 University Days : « The Fireside chat ».

(Intervenants : Tim Bray, Cameron Purdy, Mark Reinhold et Henrik Ståhl)

Pour conclure ces 2 premiers jours à la Devoxx 2011, une discussion est amorcée entre 4 personnes influentes du monde Java autour d’une table (mise en situation : imaginez un bar) et qui échangent sur divers sujets d’actualité.

A n’en pas douter, le discours n’est pas préparé, ça commence d’ailleurs plutôt mollement (discussion au sujet de la bouteille de vin posé à leur table…). Le dialogue se met en place doucement et ils parleront durant près d’une heure avant que le « médiateur » ne les arrête.

Et de quoi ont-ils parlé ? De Java tout d’abord, l’évolution du langage et des langages de la JVM.
De l’avenir d’HTML5 dans le web actuel.
Des smartphones et plus spécifiquement des nouvelles tendances et besoins amenés avec l’invention des iPhones et iPads.
De l’imprévisibilité de ces succès technologiques.
De nos habitudes en tant qu’utilisateurs de nouvelles technologies.
Finalement ils reparleront du web en général, et ils ne pourront s’empêcher de revenir à nouveau sur le sujet des smartphones.

Bonne ambiance et applaudissements vigoureux garantis !

Voilà donc terminées nos deux intenses journées, et je retiendrai la blague de Mark Reinhold :

« What’s the difference between Maven and Ant ? The creator of Ant has apologized ! »

Il n’a peut être pas encore testé Gradle ! 🙂

Discussion de conclusion des University Days de la Devoxx 2011

Voilà, ce millésime 2011 de la Devoxx c’est vraiment fini, et cette année la JOP y était ! Nul doute que l’année prochaine, d’autres ambassadeurs de Novédia auront tout intérêt à y retourner!

  1. Jean-Max Marie-Sainte
    02/12/2011 à 10:20 | #1

    Une semaine qui semblait riche sur bien des points.
    Je regrette de ne pas avoir fait le déplacement !!
    Merci en tout cas pour ce petit tour d’horizon de ce qui s’est dit durant ces deux jours.

  1. 30/11/2011 à 11:29 | #1