La Devoxx 2011 c’est fini ! (Part 1/2)

Devoxx 2011

Du moins pour mon collègue Mehdi Ben Haj Abbes et moi-même, l’aventure de la plus grosse conférence Java de nos contrées européennes s’est terminée mardi dernier, après deux longues journées remplies (à ras bord, mais qui se plaindra?) de conférences en tous genres. Précisément, lors de ces deux premiers jours à la Devoxx 2011, nous avions accès à deux formats de meeting :
– des « University« : ce sont de grosses sessions de 3h, dont le but avoué est d’entrer le plus en profondeur possible dans un sujet nouveau (du moins un sujet à la mode),
– des « Tools in Action » de 30 minutes chacun où, comme le nom l’indique, les speakers vont parler de leurs outils préférés développés autour de l’écosystème Java (du genre Sonar, Mylyn, jclouds, Jenkins, et d’autres noms farfelus dont certains m’étaient inconnus)

Chaque créneau horaire s’articulant autour de 4 salles de cinéma géantes et tout confort (j’entends par là, des salles de cinémas de province), le choix avant chaque session fut souvent cornélien… avec parfois quelques regrets, comme lorsque je me suis lancé naïvement dans une session de 3h, barbante au bout de 20 minutes. Heureusement dans ce cas là, à la Devoxx il est toujours possible de se lever et changer de salle! Car oui, à la Devoxx 2011, les show n’étaient pas tous du même niveau !

Je vais vous faire pour ma part un debriefing « à chaud » (du moins écrit à chaud…) des sessions que j’ai pu couvrir durant ces 48h intenses d’informations Javaesques. De quoi avoir un aperçu du quart des sujets sur ces deux jours.

Je publierai cet article sur deux billets blog distincts, pour des raisons de place et de format.

Une des salles de conférence

University : « Building Next-generation Enterprise Applications in Java a.k.a. Duke’s Duct Tape Adventures ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers : Bert Ertman et Paul Bakker)

Grosse session pure Java EE 6, tenue par deux speakers un peu déjantés (très bien pour commencer une journée après un réveil avant 7h du matin…).

L’idée c’est de voir ce que met à notre disposition la stack Java EE 6 et son CDI (la JSR299 pour les intimes) pour le développement d’applications « d’entreprise », dans un contexte où le framework Spring semble être LA solution communément choisie.
Concrètement, l’university s’est déroulée comme les « shows à l’américaine » en vogue sur le sujet, à savoir : un couple fonctionnel-« codeur exécutant » (mais attention, ultra performant dans ses exécutions !), un peu l’analogie du good cop / bad cop des séries du genre. Le fonctionnel formule des requêtes un peu « surréalistes » (exemple: « d’accord, c’est bien ce que tu as fait comme application, mais je viens d’être contacté par Amazon, on doit absolument leur fournir une API REST, tu as 4 minutes !« ) que bien sur notre développeur survitaminé semble exaucer sans sourciller, ou presque, mais ça, c’est l’effet démo.

C’est l’occasion pour moi de voir la magie de Forge (de JBoss) en action. Car bien évidemment le duo part d’une copie vierge (c’est à dire un MySQL, un serveur Glassfish, un JBoss, Maven et un IDE Intellj IDEA), et va nous réaliser en l’espace de quelques minutes un chef-d’oeuvre d’application CRUD déployable indépendamment sur Glassfish ou autre (quoique le « autre » n’a pas réussi à être démontré en… démo) avec UI en JSF 2. Je ne détaille pas davantage Forge pour l’instant (c’est un outil de RAD : Rapid Development Applications) car j’aurai l’occasion d’en reparler ultérieurement.

On passe donc en revue les étapes de création d’une application d’entreprise « légère », avec dans l’ordre d’apparition :

  • pages JSF qui attaquent la couche de navigation avec gestion de conversations (dans l’exemple, le cas d’un « panier » web)
  • cette couche appelle les services métiers
  • la couche métier va persister nos entitées ejb avec JPA et faire les requêtes à l’aide de l’API Criteria
  • des tests d’intégration sont mis en place très rapidement avec Arquillian (et merci encore à Forge)
  • on nous montre la validation de formulaire avec Hibernate-validation (implémentation de référence de la JSR303 embarquée dans la stack Java EE 6, mais qui ajoute quelques possibilités comme la validation des e-mails)
  • c’est ensuite le moment de nous montrer comment faire communiquer les beans Java entre eux à l’aide d’event et de listeners pour découpler les traitements entre services (ils nous donnent l’exemple de services d’envoi de SMS)
  • logiquement vient ensuite un court laïus sur le scheduling et les batchs tellement simples à mettre en oeuvre qu’on se demande pourquoi on n’en fait pas tous les jours
  • dans la même veine, vient le chapitre sur le messaging et le système de souscription/topic tout aussi simple avec ce sixième opus de Java EE
  • on expose ensuite nos services en REST (et en 4 minutes donc)
  • la présentation se termine sur le déploiement de l’application sur serveur JBoss (FAIL donc) et même dans le cloud avec OpenShift (Double FAIL pour l’occasion et pour terminer la session…)

Voilà donc pour conclure une session très intéressante, mais avec beaucoup de redites si vous aviez déjà pratiqué un tant soit peu JavaEE et sa 6ème mouture. C’était aussi l’occasion de vérifier que tout bon geek frustré va placer des « babes » dans un slide sur deux, et dans toutes leurs démos ! L’avantage, c’est que ça donne des photos… pas banales. Jugez sur pièces.

L'appli de vente de Duct TapeHeavyheight VS LightweightEJB Enterprise Java Babes!

University : « Intro to HTML5 Game Development ».

(lien résumé officiel Devoxx, speaker : James Williams)

Voilà surement ma grosse déception de la Devoxx 2011. Le mot est lâché. Je m’explique….
Fanatique depuis tout petit de jeu vidéo (10 ans : « je veux faire de l’informatique, comme ça je pourrai faire mes jeux vidéos », 15 ans plus tard : « alors c’est une application pour vendre des tongs et des slips de bain sur l’internet convivial »…) je n’ai pas été insensible au titre accrocheur de cette session.
Si l’on ajoute qu’en plus j’essaie d’être attentif à ce qui se trame du côté d’HTML5 mais sans jamais avoir le temps de m’y mettre, je dois avouer que j’étais franchement séduit par l’idée de mêler l’utile à l’agréable. D’ailleurs, je ne devais pas être le seul : oui, la salle était pleine à craquer, plus encore que pour les autres conférences.
Nous avons donc eu droit à un étalage des spécifications d’HTML5 avec mini-exemples (comprendre 3 lignes de codes hors contexte) à l’appui.
En vrac, nous avons tout d’abord vu :

  • ce qu’est le cache applicatif et sa gestion via le fichier Manifest,
  • le concept de « workers » javascript et les échanges de messages avec la page hôte,
  • l’existence de websockets qui seraient le TCP des applications habituelles,
  • le support de WebSQL dans HTML5 (apparemment un SQLite-Like sur lequel tout le monde ne s’est pas encore mis d’accord),
  • la possibilité d’attaquer de manière transactionnelle des DB indexées type NoSQL,
  • le stockage de données côté navigateur.

Une fois ce tour « technique » du propriétaire, nous avons eu droit à une énorme quantité de slides concernant l’aspect « Game » de la conférence à savoir :

  • comment lancer 2 sources audio en même temps, lire une vidéo,
  • le système d’animations,
  • le Canvas2D pour le dessin et toutes les techniques de dessin possibles et inimaginables,
  • toutes les manières de transformer un canvas, d’afficher une image, la manipulation au niveau pixel des images,
  • Tridens.js pour l’animation avec « timeline » et des « easing functions »,
  • Raphael.js pour créer des scènes avec des SVG (Scalable Vector Graphics), et permettrait aussi des « easing functions », le support de « gestures » avec la souris, etc…
  • Three.js pour faire du rendu de scene 3D WebGL (basé sur OpenGL) et toutes ses possibilités (gestion de caméras, de lumières, de meshes/shadings/materials… etc), la syntaxe de GLSL (type C) pour l’écriture de pixel et vertex shaders, l’application de textures, le chargement de modèles 3D, les animations (keyframes, cinématique inversée et tout le toutim…)
  • Stats.js pour le debugging et le suivi du framerate / performance de l’application

On nous a ensuite détaillé les différentes possibilités de déploiement de nos applications et les business modèles en concurrence. PhoneGap et le rachat de Nitobi par Adobe sont mentionnés. Peut-être la partie la plus intéressante de la conférence…

Le show s’est ensuite terminé prématurément, n’ayant duré que 2h au lieu des 3 prévues, et laissant place à des échanges de questions/réponses… ce qui m’a laissé un peu de temps pour profiter de la fin d’une autre university.

En conclusion, c’était plus un listing des possibilités d’HTML5 qu’une entrée en matière. Pas de vrai démonstration ni de conseils pour se lancer/savoir par où commencer. J’attendais beaucoup de cette session, qu’elle soit moins linéaire et un minimum interactive, et j’ai d’autant plus été déçu.

Un Simon en HTML5...Exemple de slide dur à digérer...Autre slide Hardcode

Tools in action : « Spring Data JPA – Repositories done right ».

(lien résumé officiel Devoxx, speaker : Oliver Gierke)

Je ne vais pas parler de cette partie car Mehdi s’occupe de nous rédiger un bel article sur le sujet !
Je passe donc mon tour.

Spring Data JPA

Tools in action : « Forge new Ground in Rapid Enterprise Java Development ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers : Lincoln Baxter III et Dan Allen)

Vient ensuite la présentation de l’outil Forge de Jboss. Peut être une des plus impressionnantes présentations de ces deux jours.
A la fois concise, poussée et ludique, cette session nous a permis de voir toute la puissance de Forge en action. Si j’avais pour ma part une petite idée de ce que propose cet outil, rien ne vaut une belle démonstration pour être parfaitement bluffé!
On débute avec un environnement Eclipse et le plugin Forge installé. Première impression de ce plugin : c’est bien intégré et vraiment plus pratique qu’une fenêtre en ligne de commande ouverte.
Concrètement, en quelques commandes, apparait une application type CRUD avec JSF 2.0, une base de données embarquée et un support de REST, le tout avec la configuration Maven adéquate. Forge nous permet non seulement de créer des entités JPA, mais aussi de les manipuler, leur rajouter des champs, etc… Des tests sont créés avec la même simplicité.
On nous apprend rapidement comment utiliser des plugins pour forge, mais aussi comment en créer et définir nos commandes.
Une session très intense de 30 minutes !

Forge

Tools in action : « Code Review with Git and Gerrit ».

(lien résumé officiel Devoxx, speakers : Chris Aniszczyk and Matthias Sohn)

Pour finir la journée, un « Tools in Action » un peu plus orienté méthodologie. En effet, après un bref descriptif du fameux Git qui va (tarde à?) remplacer nos vieux SVN (voire CVS pour les nostalgiques), après avoir vanté ses mérites  et avoir listé les grands projets qui l’utilisent, on nous parle de Gerrit. Mais qu’est-ce donc ?

Gerrit, c’est simplement un serveur Git, et c’est l’outil miracle pour « enfin » réussir à faire adopter les bonnes pratiques agiles àune équipe de développement. Oui, je parle bien de ces plans d’actions qu’on tente d’établir de sprint en sprint, où l’on répète que le pair programming, la revue de code et les tests sont des axes d’amélioration. Ces utopies annoncées à chaque rétrospectives… mais qui, une fois le sprint lancé, sont si dures à tenir pour toute l’équipe qui garde son nez dans le guidon.

Voilà donc Gerrit. Gerrit va nous prendre par la main, et nous apprendre un workflow agile de développement. Le pair programming, la revue de code, les tests et la validation des commits seront enfin inscrits dans un processus cadré. De concert avec Git, Gerrit, avec son système de commentaires sur les commits, de visualisation des commits (type Fisheye) et surtout le mécanisme de vote sur les commits des autres développeurs, va nous permettre de ne pousser sur la branche commune que des évolutions validées par des collègues. Chaque développeur va ainsi faire de la revue de code, s’impliquer dans celle-ci, apprendre et s’autoformer éventuellement, intéragir avec le développeur/commiteur et échanger avec lui sur ses lignes de code. Bref, l’utilisateur de Gerrit est responsabilisé via son vote à la validation d’une modification.

Le principe a l’air simple et efficace, l’effort louable, mais je continue de me poser une question après cette étalage de bonnes idées :
Gerrit n’est-il pas juste un plan d’action de plus inscrit sur un tableau lors d’une rétrospective puis oublié au sprint suivant ?

Git and Gerrit

La suite du billet JOP à la Devoxx 2011dans quelques jours !

http://www.devoxx.com/display/DV11/Spring+Data+JPA+-+Repositories+done+right

Une réflexion au sujet de « La Devoxx 2011 c’est fini ! (Part 1/2) »

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