Internet dans la voiture… Restez connectés ! (1/2)

En plein Salon de l’Automobile de Genève et de retour du Mobile World Congress de Barcelone édition 2011,  il me semble pertinent de faire un focus particulier sur un sujet qui m’occupe avec passion ces derniers temps. Vous me direz : « quel est le rapport entre ces deux évènements ? ».  Bien, c’est assez simple.

Après avoir augmenté les débits télécom et proposé toute une myriade de services sur les Smartphones avec le succès que l’on connait pour les géants du secteur, il s’agit désormais d’investir de nouveaux écrans. Je n’aborderai pas le sujet de la télévision connectée, traité par ailleurs dans ce billet.  Mon attention se porte effectivement sur l’un des derniers écrans encore à conquérir : celui de la voiture et d’une manière plus globale, celui des transports ! Novedia, qui a su accompagner les nombreuses mutations du monde des télécoms, s’inscrit encore une fois dans cette évolution du marché en œuvrant activement au sein d’un consortium qui développe la voiture connectée du futur. Néanmoins, sans dévoiler les aspects confidentiels de ce projet au sein de ce billet, il me parait intéressant de partager quelques problématiques riches d’enseignement pour mieux appréhender le basculement progressif de l’automobile dans l’univers numérique.

Ce billet fait donc écho à plusieurs initiatives de la filière automobile comme la GENIVI  Alliance portée notamment par les constructeurs PSA et BMW. Cette alliance dont le contenu a été présenté mercredi 9 Mars au SYNTEC,  vise notamment à mutualiser autour de standards open-source les efforts R&D nécessaires au développement du multimédia embarqué dans nos prochains véhicules.

Certains d’entre vous sont peut-être au fait de l’actualité dans ce domaine à travers notamment toutes les nouveautés qui sont présentées lors des Salons de l’automobile aux quatre coins du monde.

Ford Sync avec MyFordTouch, le projet de voiture connectée.

Ainsi, pour planter rapidement le décor de ce billet , je vous invite à découvrir le projet MyFord Touch qui constitue à ce jour  la concrétisation la plus avancée en matière de voiture connectée et d’usages du multimédia en embarqué… (cliquez-ici pour accéder à la vidéo)

Des défis technologiques multiples… qui rappellent les télécoms mobiles !

En effet, il est assez pertinent de comparer le sujet de la voiture connectée au monde des télécoms mobiles. L’idée de la voiture connectée va effectivement plus loin que la simple mise en place d’une carte SIM dans un véhicule. Bien qu’en soit ce type de dispositif ait été le premier pas de cette aventure en devenir, il convient désormais d’exploiter l’accès à un réseau opérateur et les ordinateurs de bord qui occupent une place prépondérante dans l’habitacle.

Si la première idée est d’apporter une connexion Internet à ce type d’équipement embarqué disposant d’un petit écran, la seconde révolution consiste  à proposer une galaxie de services en rapport avec les usages qui font sens lors d’un déplacement en automobile. La mise en place de solutions techniques pour faire entrer la voiture dans l’univers des objets connectés faisant office de support multimédia, nous ramène à l’éternel débat entre les applications natives et les solutions web sur de petits appareils embarqués s’ouvrant encore timidement au monde numérique.

Ce débat est d’autant plus vif, qu’il n’est pas utile de rappeler que la durée de vie d’une automobile est bien plus importante qu’un Smartphone. Autrement dit, lorsqu’un client achète un véhicule équipé d’un ordinateur de bord, ce conducteur s’engage avec un système informatique pour au moins une dizaine d’années… Si une plateforme de services connectés doit être proposée à bord, elle a l’obligation d’offrir une certaine flexibilité et des possibilités d’évolution sans que cela nécessite des campagnes de rappel de milliers de véhicules afin de procéder des mises à jour du système… 

Quelques éditeurs de solutions essaient d’apporter des environnements adaptés au secteur de l’automobile. Windows Automotive ou encore l’équipementier Continental AG et sa plateforme Autolinq basée sur l’OS Android en sont les premières illustrations.

Toutefois, imaginer une solution informatique permettant de créer un environnement connecté et multimédia dans une voiture constitue une rencontre entre deux mondes aux cultures différentes.

Les constructeurs automobiles s’engageant dans cette voie s’entourent à juste titre de sociétés informatiques et d’opérateurs télécom qui apportent leur savoir-faire et une certaine « culture digitale » qui fait défaut à la culture industrielle des groupes automobiles. Ce mariage technologique entre le monde des interfaces qui abolit les frontières des communication et du temps s’accorde avec la volonté des industriels de garder la main sur les futurs systèmes qui doivent équiper les prochaines gammes de véhicules.

Choisir une plateforme technologique peu éprouvée mais séduisante sur le papier, aborder les problématiques de sécurité  informatique à bord ou encore concilier l’usage de services multimédia en situation de conduite et donc de mobilité, constituent les innombrables défis à relever tend les cultures de secteur peuvent avoir des approches différentes sur ces sujets.

D’autres aspects tels que la consommation data et l’usage d’Internet en situation de déplacement deviennent des enjeux techniques à maitriser afin de construire un business model assurant la bonne mise en marché de la voiture connectée. Ce dernier point est sans doute le plus délicat à mettre en œuvre.

En effet, face au dynamisme sans aucune mesure des services déployés sur Smartphones et aux petits dispositifs offrant des moyens de navigation en voiture comme les PND (Personal Navigation Device), il devient nécessaire de trouver un positionnement stratégique complémentaire pour les usagers. Aussi, une plateforme  de services multimédia accessible depuis véhicule se doit d’être intégrée et interactive avec l’environnement qui l’entoure. L’objectif est d’éviter le doublonnage de services multimédia existants sur différents supports connectés tout en privilégiant la continuité de service qu’un usager tour à tour conducteur, passager, ou encore piéton sera en droit d’attendre du monde numérique dans lequel il évolue.

Concrètement, il s’agit de travailler sur une possible symbiose entre des systèmes embarqués dans un véhicule et différents supports électroniques (Smartphones, Tablettes, lecteurs DVD/MP3, etc.) pourvus pour la plus grande majorité d’entre eux, de tout un écosystème riche en services (App Store, Itunes, Android Market, OVI, etc.) et de fonctionnalités diverses (téléphonie, GPS, cartographie, commande vocale, etc.) pour un même utilisateur.

Le prototype de la SEAT Ibe Car avec un dock pour Smartphone qui s’accoste à système embarqué

disposant d’un écran numérique central.

Finalement, avec les différentes problématiques rapidement évoquées dans cette première partie, il est facile de comprendre que les mondes des télécoms, de l’informatique et de l’automobile sont en train de converger pour proposer la voiture connectée de demain. Mais ne nous y trompons pas,  ce type de projet ouvre la voie d’une manière plus générale à d’ambitieux programmes autour de la télématique au sein des transports (taxis, bus, train, avion, bateaux, etc.). Il est en effet fort à parier que  l’arrivée d’Internet en matière « d’infotainment » dans les transports, autrement dit le multimédia embarqué connecté, bouleverse quelque peu l’univers de nos trajets quotidiens.

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