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Débriefing de la Wearable Tech Paris – Part 1

Le mardi 18 novembre s’est tenu la conférence « Wearable Tech » à Paris organisée par Gizworld. Pour ceux qui ne connaissent pas, cette conférence initiée il y a à peine 9 mois s’est déjà tenue dans les villes de Toronto, Los Angeles et Tel-Aviv, aujourd’hui à Paris et demain à Pékin.

Au menu de cette journée très chargée, pas moins de :

  • 9 thématiques d’échange ;
  • 2 keynotes ;
  • 46 intervenants différents répartis dans les différents panels ;
  • 1 showroom quelques startups venues présenter leurs projets ou produits.

Cette journée était avant tout l’occasion d’assister à des échanges non techniques sur le monde du wearable et dans une moindre mesure de l’IoT.
Au travers de cet article scindé en deux parties, je vous propose de passer en revue les principales thématiques abordées en vous présentant non pas une retranscription des échanges mais plutôt en appuyant les réflexions ou point qui m’ont semblé intéressants. Aussi, comme vous pourrez le lire, certains sujets amènent plus de questions qu’ils ne fournissent de solutions. Mais c’est bien là la propre de ce type de conférence : s’interroger pour mieux se positionner.

Mais trêve de présentation, abordons dès à présent les premières thématiques.

 

1.- Learning from the fashion industry to create fashionable wearables

 

Une des idées principales abordée concerne la difficulté des entreprises « traditionnelles » à envisager la dimension digitale ou connectée de leurs produits. L’industrie des montres en est un parfait exemple. Comme le souligne Eric Giroud (Product Designer à Genève notamment pour les montres de luxe), la qualité première identifiée par le monde de l’horlogerie consiste à envisager la qualité d’une montre sous le prisme de la qualité de la mécanique qui la compose et non sur l’usage que l’on fait peut en faire. Dans cette vision, l’usage d’un objet connecté reste cloisonné à l’utilisation qui est faite de son pendant « mécanique ».
Faut-il donc envisager les extensions d’usage possibles d’une montre connectée ou réfléchir à l’utilité d’un boitier connecté fixé au poignet qui pourrait éventuellement donner l’heure ?

Par ailleurs, les possibilités, capacités et usages des objets connectés évoluent excessivement vite au fur et à mesure que les évolutions technologiques se développent. Les « smart watches » qui sortent cette année dans nos magasins seront probablement remplacées d’ici six mois à un an par de nouveaux modèles plus fins, plus puissants et disposant d’une autonomie plus importante. A l’inverse, une montre était souvent acquise pour durer plusieurs années, à plus forte raison lorsque celle-ci s’apparentait à un objet de luxe. Comment rapprocher ces deux « time lines » ? Une montre de luxe est elle condamnée à ne pas s’aventurer sur le terrain de l’objet connecté ?

Dans le monde du luxe notamment, il y a un affect réel avec l’objet plus qu’à son utilisation. Il y a donc un vrai sujet pour les entreprises s’aventurant sur le terrain du wearable connecté à savoir penser à la fois en termes de services rendus par la technologie tout en conservant l’objet au centre du processus de réflexion. Des échanges sur le positionnement d’Apple avec sa « watch » auraient d’ailleurs apporté un plus à la réflexion, ce qui ne fut, malheureusement, pas le cas.

Pour résumer : la technologie est ce que vous embarquez, le wearable est ce que vous portez. Oublier ce principe peut conduire à un échec commercial lié à une erreur de cible quant à la catégorie d’utilisateurs intéressés.

 

2.-Wearables, IoT and successful business models

 

Ce panel a essayé d’aborder les interactions entre le wearable, le monde de l’IoT et les différents business models que l’on peut voir actuellement.

Des objets créateurs de données

Lorsque l’on parle de l’IoT, c’est généralement l’aspect data qui revient. Bien souvent, le monde de l’IoT est plus intéressé par les données que par les devices. C’est une grande différence entre le wearable et l’IoT. Le premier utilise l’autre et non l’inverse.
Concernant ces données, sont-elles uniquement localisées chez l’utilisateur, remontées vers des plateformes cloud du fournisseur de l’objet voire même transférées à des systèmes ou services tiers ?
Et plus encore, qui conserve la propriété de la donnée ? Ce point est d’ailleurs revenu dans d’autres thématiques notamment celles concernant le sport. Si aujourd’hui, une large majorité des utilisateurs ne sont pas opposés à un hébergement de leurs données dans le nuage, ils sont, en revanche, plus de 80% à considérer que ces données sont privées et de ce fait, s’opposent à toute utilisation ou revente par des tiers. Et pour les 20% restant, une part accepte qu’une utilisation commerciale de ces données puisse être faite à la condition qu’ils obtiennent une rétribution en retour. Pour résumer, les utilisateurs sont pour une grande majorité conscients de la valeur commerciale de ces données. Par conséquent, une apparente opacité qui serait fait quant à l’utilisation de ces données peut s’avérer être un réel frein à l’adoption d’un produit.

Des données génératrices d’usages

Les sociétés créatrices d’objets connectés ont bien compris l’intérêt de ces données mais plus encore de la capacité offerte par les wearables à créer un lien direct avec leurs clients, un canal de communication privilégié pour faciliter notamment l’identification de nouveaux services à proposer grâce à l’exploitation de ces données. Entre un usage identifié initialement et l’utilisation qu’en font les utilisateurs en définitive, il peut y avoir un fossé et l’exploitation des données peut faciliter l’identification de ce fossé afin de permettre à une société de réorienter sa R&D ou tout simplement son approche marketing.

Enfin, concernant les business models, il y a aujourd’hui certaines approches plus inhabituelles comme :

  • Faire le buzz sur un usage pour tester un possible engouement autour de cet usage en l’absence même d’un objet connecté. Budweiser avait fait le buzz il y a un an et demi avec son « Buddy Cup » permettant via l’action d’un « tchin » entre deux « buddy cup » d’associer automatiquement le compte Facebook des deux protagonistes. Cet objet n’a jamais vraiment dépassé l’idée de prototype.
  • Envisager l’objet comme une action éphémère dans le temps afin de tester le marché et voir ses réactions. Plus qu’un objet, c’est avant tout un usage qui est analysé.

On perçoit bien qu’à ce jour il y a des recherches sur la nature même des objets connectés, mais bien plus encore sur les usages qui pourront en être fait. Comme avec les « concept cars » du monde automobile, l’industrie du wearable n’hésite pas à faire le buzz au travers de ses concepts pour ainsi présenter les possibilités de demain, mais surtout obtenir un premier jugement de la part du marché grand public.

En conclusion, les « wearable connectés » sont une part intégrante de l’internet des objets par les usages qu’ils offrent mais surtout par les données qu’ils permettent de capter.

 

3.-The futur of connected cars

 

Ayant travaillé de nombreuses années pour un constructeur automobile, j’attendais beaucoup de ce panel du fait du sujet plus que stratégique pour les années à venir à mon sens.

Les échanges ont principalement été axés sur les réflexions qui sont menées à la fois par les industriels de l’automobile et les startups autour des nouveaux services que l’on peut fournir en voiture. Sont apparus notamment des exemples autour de la possibilité de pouvoir réaliser des selfies en voiture sans risques pour la conduite ou le fait de pouvoir utiliser le voiture comme thème permettant de fédérer des utilisateurs autour d’une marque notamment via de l’animation digitale dans les magasins physiques (Headoo).

En revanche, il n’y a eu aucun réel sujet ni autour de la voiture en elle-même, ni sur les interactions possible avec des objets connectés, mais plus sur la réflexion de services autour du thème automobile. Selon le panel présent, il semble que la dimension sociale soit plus importante que la voiture en tant qu’objet connecté. Certes, certaines questions ont été posées au pilote Olivier Lombard sur l’analyse de données physiologiques dans le cadre des courses automobiles mais ce sujet se rapprochait plus des questions de performances d’un sportif que des problématique directement liées à l’automobile.Dommage à mon sens.

La conclusion de cet échange montre bien que de nombreux acteurs souhaitent investir cet espace qu’est l’automobile mais, à ce jour, très peu d’initiative tangibles se dessinent.

 

Dans un second article à paraître, je vous proposerais un retour sur les autres sujets abordés que sont :

  • L’émergence de plateformes de santé liées au wearable;
  • Le futur de la maison intelligente et de l’expérience contextuelle;
  • Financer une startup axée sur l’IoT et les technologies du wearable.

Ce second billet sera également l’occasion de vous présenter ma conclusion sur cet événement.

 

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