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Lean Kanban France – ou comment étendre l’agilité sur toute la chaine de valeur ?

Arrivée à 9h dans les locaux Valtech, après un café et quelques mini viennoiseries, c’est parti pour deux jours de conférence sur le Lean et le Kanban!

La première keynote « Understanding Agility  and how to improve it with Kanban » est présentée­­ par David Anderson, créateur de la méthode douce de la conduite du changement Kanban. David insistera essentiellement sur l’importance de ne pas imposer une méthode Agile issue d’un livre théorique, mais de penser Agilité : les personnes sont naturellement résistantes au changement, il faut y aller étapes par étapes, les amener à évoluer par eux-mêmes en leur faisant comprendre comment une nouvelle pratique permet d’améliorer le processus actuel. La confiance est la clé : pour cela transparence et évolution des responsabilités sont nécessaires.

 

Étant familier des méthodes agiles, essentiellement sur Scrum et XP, mais ni sur Lean ni sur Kanban, je me dirige tout d’abord vers la conférence « Gagnez au tirage avec Kanban » qui aurait pu s’appeler selon leurs auteurs (Dimitri BAELI et Guillaume LOURS) « Kanban pour les nuls ».

Kanban peut se résumer en 5 pratiques :

  • Visualiser le processus et sa dynamique (identification des files d’attentes), l’état du projet
  • Limiter le WIP : min/max, permet de fluidifier le processus
  • Avoir des règles explicites : les règles du processus, le rendre visible par tous mais aussi les problèmes à résoudre (par exemple Definition Of Done sur Scrum)
  • Mesurer et Piloter : indicateurs, mouvements des éléments, anticiper les blocages, daily meeting. Calculer le temps de traversée/réalisation du début à la fin du workflow (avec les temps d’attente !)
  • Amélioration : de manière collaborative, par l’utilisation de  modèles/méthodes scientifiques ou pragmatiques

La stratégie de la méthode Kanban est l’amélioration. Elle peut s’appliquer à toutes les méthodes de gestion de projet : Méthode en V ou Scrum par exemple.

Ensuite, s’enchainent les retours d’expérience, les ateliers et les Agile Games.

Ce que je retiendrai de ces retours d’expérience est que la différence entre Scrum et Kanban se fait sur ce qui constitue la vélocité : dans Scrum ce sont les temps de conception, réalisation et test. En Kanban, c’est tout le processus jusqu’à la mise à disposition du produit fini (avec les délais d’attentes, les temps de déploiements, la rédaction des spécifications, le temps de priorisation, …)

 

J’ai également assisté à une présentation de Zsolt FABOK intitulée « Measure and Manage Flow in Practise » sur les outils permettant d’évaluer différentes situations et de résoudre des problèmes récurrents.

  • Trop d’items sont ouverts au même moment : le « Cumulative Flow Diagram » permet de vérifier que le WIP n’est pas dépassé. Ce diagramme indique le nombre d’éléments dans la file d’attente, en cours et terminés
  • La taille d’équipe doit être adéquate : s’il y a trop d’intervenants, alors la communication / synchronisation va entraîner une perte de temps. Plus d’éléments seront produits, mais la performance individuelle sera réduite
  • La livraison prend trop de temps : diminuer le nombre d’items implémentés mais non validés en diminuant au minimum le temps entre la fin d’un développement et les tests associés / la démonstration
  • Être prévisible : catégoriser les items en groupes : Small / Medium / Large. Pour chaque groupe, regarder la distribution du temps passé par item

Observer et mesurer le système en place permet d’identifier ses limites

Avant de finir mon billet, un ultime retour sur la keynote intitulée « Lean and Kanban,  What’s the purpose ? »

Lean regarde le processus de bout en bout et vise à éliminer tous les gaspillages tout en recherchant la performance. Sept formes de gaspillage sont identifiées :

–          la surproduction ;
–          les attentes ;
–          les corrections ;
–          les processus opératoires mal adaptés ;
–          les transports / ruptures de flux ;
–          les mouvements inutiles ;
–          les stocks.

Lean se focalise sur la valeur, tout ce qui n’a pas de plus-value en termes de production, ne sera pas traité.

En conclusion, je ressors convaincu que la méthode Kanban permet de palier à certaines difficultés que je suis amené à rencontrer chez mon client : les équipes de développement mettent en œuvre des pratiques agiles, mais le reste de l’organisation n’est pas assez impliqué. Décision est donc prise de tenter de l’implémenter afin de voir les réelles améliorations apportées.  Le moment venu, je ne manquerais pas de partager mes démarches et les effets mesurés sur l’organisation.

 

Un dernier mot pour souligner une bonne organisation avec des buffets aux pauses ainsi qu’un accueil agréable. J’ai également eu le plaisir de pouvoir échanger de façon informelle avec de nombreux participants internationaux entre chaque conférence ou lors des différentes pauses.   Et en cadeaux quelques liens :

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